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Les Entreprises PEC de New Richmond et les communautés mi'gmaw de la Gaspésie s’allient pour créer Mawitu’gw. Le consortium, codétenu par des partenaires allochtones et autochtones, œuvrera en génie civil et d’infrastructures sur le territoire du Gespe’gewa’gi. Il a particulièrement dans sa mire le créneau éolien.
La compagnie privée et la Mi'gmawei Mawiomi Business Corporation (MMBC), le bras économique des trois communautés autochtones, en ont fait l'annonce jeudi. Les deux organisations collaboraient déjà pour certains projets. Cette relation d'affaires déjà fleurissante les a poussées à créer une nouvelle structure.
Mawitu’gw signifie bâtir ensemble en langue mi'gmaw.
Des travaux reliés à l’énergie et à la construction feront notamment partie de l’offre de services de Mawitu’gw. Le président-directeur général des Entreprises PEC, Guy Cayouette, estime que beaucoup de bonnes choses découleront de cette alliance pour sa compagnie.
Il cite par exemple l'accès au marché du créneau éolien ainsi qu'aux projets fédéraux réservés aux entreprises autochtones.

Guy Cayouette, président-directeur général des Entreprises PEC, concède toutefois que le recrutement de la main-d'oeuvre constituera un défi.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Les projets d'infrastructures dans les communautés autochtones seront aussi visés par Mawitu’gw. Il y avait beaucoup de contrats auxquels on n'avait pas accès, confirme M. Cayouette. Certains parcs éoliens, des fois, exigeaient un contenu autochtone, ce à quoi on va pouvoir répondre avec ce consortium-là.
Mawitu’gw espère notamment bénéficier de l'entente conclue entre les communautés mi'gmaw, Hydro-Québec et l'Alliance de l'Est pour développer 6000 mégawatts d'énergie éolienne.
On croit qu'avec ce véhicule, on va être capable d'amener une situation gagnant-gagnant.
M. Cayouette estime que ce partenariat sera synonyme de croissance, sans néanmoins s'avancer sur des objectifs chiffrés en la matière. Pour lui, l'alliance aura d'ailleurs des retombées bénéfiques pour toute la région. La nouvelle société n'a encore décroché aucun contrat, mais en est actuellement à terminer ses premières soumissions. On part avec une page blanche, admet le PDG, qui espère décrocher des contrats dès cet été.
Certaines soumissions, selon la nature du projet et le lieu où il se concrétisera, se feront sous le nom des Entreprises PEC ou de la nouvelle société.

L'entreprise P.E. Cayouette et Fils, fondée en 1980, est devenue Les entreprises PEC en 1996. La compagnie compte à ce jour plus de 125 employés permanents.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Jusqu'ici, Les Entreprises PEC ont déjà compté sur une dizaine d'employés en provenance de la communauté mi'gmaw de Gesgapegiag. On est fiers de ça, note M. Cayouette. Sans vouloir prendre d'engagement formel à cet effet, ce dernier espère qu'environ le tiers des employés du consortium proviendra des trois communautés autochtones gaspésiennes. Je trouve que c'est réaliste pour le début de Mawitu’gw, mais je vous dis que ce ne sera pas facile.

La Mi’gmawei Mawiomi Business Corporation détient 51 % des parts de cette nouvelle société. Le reste appartient aux Entreprises PEC.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
M. Cayouette estime que des partenariats pour faciliter le recrutement d'employés pourraient se faire avec la Commission scolaire Eastern Shores, qui offre une formation en conduite d'engins de chantier ainsi qu'avec le parc éolien Mesgi'g Ugju's’n 2, désormais en construction.
Un rôle actif en matière de développement
Pour les Mi'gmaq de la Gaspésie, il s’agit d’une occasion de jouer un rôle actif en matière de développement et de croissance économique. Dans un communiqué, le directeur général de la MMBC explique que de tels projets créent de réelles possibilités pour [la] population grâce à l’emploi, à la formation et à la croissance économique à long terme.

Le directeur général de la Mi’gmawei Mawiomi Business Corporation, Fred Vicaire
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Pour nous, il s’agit de bâtir une entreprise durable. Pour les Mi’gmaq, le lancement de Mawitu’gw est une étape de plus vers un rôle actif de propriétaire dans les projets de développement.
Je pense que ça va être bon pour nous, comme Autochtones, estime quant à lui Benoit Martin, originaire de Gesgapegiag. L'employé des Entreprises PEC croit que l'annonce de jeudi pourrait avoir des retombées positives pour les communautés autochtones et leur démographie.

Benoit Martin, un opérateur de machinerie lourde mig’maw, travaille chez Les entreprises PEC depuis maintenant sept ans.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Présentement, beaucoup de monde s'en va travailler à l'extérieur dans la construction. Aussi, il y a du monde qui travaille dans la machinerie. Peut-être bien que ça va ramener ces jeunes-là ici.
Conseillère pour la communauté de Gespeg, Linda Jean s'est réjouie du partenariat jeudi. On va continuer d'avancer et non de reculer. Peut-être que ce n'est pas nous qui allons voir les changements, mais ce seront les sept générations qui viennent. Elle estime que Les entreprises PEC pourront œuvrer en mentorat et que la confiance mutuelle aura des retombées positives pour tous.

Linda Jean, conseillère pour la communauté mi'gmaw de Gespeg depuis 2025
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
D'autres partenariats entre allochtones et Autochtones gaspésiens ont déjà été annoncés par le passé, notamment dans le domaine des technologies de l'information, en 2023.
Avec les informations d'Isabelle Larose


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