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Selon les sources militaires gouvernementales, les rebelles cherchent à prendre position aux abords du détroit de Bab Al-Mandab. Des renforts ont été dépêchés à la demande de l’Arabie saoudite pour enrayer leur progression.
Plus de 120 personnes ont été tuées depuis jeudi 3 septembre au Yémen dans des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles houthistes d’une ampleur sans précédent depuis plusieurs années, selon des sources militaires et médicales citées vendredi par l’Agence France-Presse (AFP).
Le bilan dans les rangs des troupes gouvernementales et de leurs alliés est passé de 39 à 66 morts, a annoncé un responsable militaire ayant requis l’anonymat, tandis que des sources médicales et proches des services de sécurité font état de 62 tués au moins dans les rangs des houthistes. Un civil a également trouvé la mort, selon une autre source médicale.
Ni les rebelles ni le gouvernement n’ont avancé de bilan. Selon les sources militaires citées par l’AFP, les rebelles, qui cherchent à prendre position aux abords du détroit de Bab Al-Mandab, tentent d’isoler la ville portuaire de Moka, située au nord de cette voie d’accès à la mer Rouge et au canal de Suez. Ils se sont emparés de positions stratégiques dominant celles des forces gouvernementales à Taëz et à Al-Khokha, sur la côte, ce qui pourrait leur permettre de s’attaquer aux navires, dit-on de même source.
Le gouvernement internationalement reconnu a dépêché des renforts à Taëz en provenance d’Aden. D’après un responsable en poste à Aden, ils ont été mobilisés à la demande de l’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite.
Blocus maritime
Les houthistes ne tiennent aucun secteur donnant directement sur le détroit, mais contrôlent la ville portuaire de Hodeïda, au nord de Moka. Bab Al-Mandab est d’autant plus stratégique pour l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, qu’il est devenu l’unique voie maritime accessible dans la région depuis que l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule Arabique. En juillet, les houthistes ont annoncé vouloir instaurer un blocus maritime de l’Arabie saoudite et ont revendiqué depuis lors plusieurs attaques de pétroliers saoudiens en mer Rouge.
Le Yémen a été le théâtre d’un conflit dévastateur entre forces gouvernementales, soutenues par Riyad, et rebelles pro-iraniens de 2014 à 2022, lorsqu’une trêve est entrée en vigueur. Les affrontements ont repris en juillet, cinq mois après le début de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis.
Des bombardements attribués à Riyad ont alors visé l’aéroport de Sanaa, aux mains des houthistes, où un avion iranien transportant une délégation rebelle de retour de Téhéran s’est posé sans l’autorisation du royaume, qui contrôle l’espace aérien yéménite. Les rebelles multiplient depuis lors les attaques de sites militaires et de positions gouvernementales.
La guerre a éclaté en 2014 au Yémen, lorsque les houthistes ont lancé une grande offensive depuis leur fief de Saada, près de la frontière saoudienne, qui leur a permis de s’emparer d’une large part du territoire et de Sanaa, la capitale. Fragilisé, le gouvernement yéménite, réfugié à Aden, dans le Sud, a reçu l’aide d’une coalition militaire emmenée par Riyad en 2015.
Le Monde avec AFP


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