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Le processus d’élargissement, engagé après la signature d’une loi d’amnistie en janvier, est jugé insuffisant par les ONG, qui dénoncent la lenteur des mesures prises par Caracas.
Les autorités du Venezuela ont procédé à une nouvelle série de libérations de prisonniers politiques, vendredi 25 et samedi 26 septembre, au terme du deuxième cycle de pourparlers entre le pouvoir et l’opposition à Caracas, ont annoncé des ONG de défense de droits humains. Une quarantaine de détenus ont quitté différentes prisons, dont huit femmes qui avaient été accusées de « narcoterrorisme » en 2021. « Nous avons pu vérifier directement que 39 personnes ont été libérées », a déclaré l’ONG Justicia, Encuentro y Perdon (« Justice, rencontre et pardon ») sur X.
Parrainé par les Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro, le deuxième cycle de dialogue entre le pouvoir et l’opposition a permis d’avancer dans la réforme judiciaire, selon les deux parties. La seconde avait promis d’insister sur la libération de tous les prisonniers politiques alors que, selon le dernier bilan de l’ONG Foro Penal, le 18 septembre, il y en avait encore 344, malgré la loi d’amnistie et des centaines de libérations. L’organisation n’avait pas actualisé son bilan, samedi.
« Que tous ceux qui sont aujourd’hui derrière les barreaux pour avoir pensé autrement soient libérés », a déclaré samedi sur X Dinorah Figuera, la cheffe de la délégation de l’opposition aux pourparlers. « Nous continuerons aux côtés des prisonniers politiques, de leurs familles, des ONG qui les défendent, et de chaque citoyen qui rêve de voir ses proches réunis dans la Venezuela que nous méritons », a-t-elle conclu.
« La libération de toutes les personnes injustement détenues doit être achevée et leurs droits, ainsi que ceux d’autres victimes de violations des droits humains, doivent être garantis », a affirmé Oscar Murillo, coordinateur de l’ONG Provea, sur X. Parmi les détenues libérées figurent six personnes accusées après l’opération « Gedeon », une tentative avortée de débarquement visant à renverser Nicolas Maduro en 2020, dont l’échec avait été suivi d’une vague d’arrestations.
Les familles de prisonniers protestent dans la rue
Pour sa part, l’ONG Foro Penal a signalé la libération de Frank Cabañas, lié à l’affaire Oscar Pérez, tué lors d’une opération militaire en 2018. Pérez était inspecteur de police et pilote, et s’était soulevé contre le gouvernement Maduro. Des organisations ont qualifié l’opération d’exécution extrajudiciaire, faisant valoir que le groupe de Pérez avait tenté de se rendre. L’affaire a été portée devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, qui gouverne sous une forte pression des Etats-Unis, avait promulgué une loi d’amnistie, en janvier, après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines, mais le processus de libération a été lent. Les familles protestent constamment dans les rues et des proches campent toujours la nuit, aux abords de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas, ainsi que devant la prison El Rodeo I, considérée par les ONG comme un centre de torture.
Le Monde avec AFP


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