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« Quand on est petit, on se demande souvent ce qu’on va devenir quand on va être grand. Mais une fois qu’on est grand, on se demande rarement ce qu’on va devenir quand on va être vieux. » Cette question a taraudé Alexandra Elkin pendant plusieurs années avant qu’elle trouve le moyen d’y répondre, bien accrochée à une paroi rocheuse escarpée, à quelque 3000 pieds au-dessus du sol.
L’escalade est arrivée un peu par hasard dans la vie de la jeune trentenaire. Déterminée à sortir de sa zone de confort et à forger de nouvelles amitiés, elle commence à gravir des murs, essentiellement pour le plaisir. Au cours d’un voyage de grimpe au Red Rock Canyon, aux portes de Las Vegas, elle fait la rencontre d’un groupe de grimpeurs, tous âgés de plus de 60 ans, qui apprennent à composer avec leurs corps vieillissants pour mieux en repousser les limites.
Parmi eux, Jack Lambert, grimpeur chevronné et mentor de 73 ans, et Dierdre Wolownick, mère du célèbre Alex Honnold, dont l’ascension en solo intégral du big wall El Capitan, dans la vallée de Yosemite, aux États-Unis, a fait l’objet du documentaire oscarisé Free Solo. À 71 ans, cette dame inspirante a entrepris de se rapprocher de son fils en se familiarisant avec sa passion pour l’escalade. Afin de transmettre ses connaissances, elle invite Alexandra et ses amis à gravir à leur tour El Capitan, paroi mythique habituellement réservée à l’élite, à l’aide d’une technique d’ascension sur corde fixe.
Le groupe de jeunes sportifs, en dépit de leur manque d’expérience et inspirés par la détermination de ces aînés, saute à pieds joints dans l’aventure, sans se douter de l’ampleur des défis qui se dresseront sur son chemin.
Alexandra Elkin, qui a travaillé pendant 12 ans comme machiniste sur les plateaux de tournage, a fait le pari de transformer cette aventure déjà audacieuse en projet documentaire, Au pied du mur.
Servie par les paysages majestueux du parc Yosemite et les points de vue vertigineux offerts par les parois verticales qu’elle tente de maîtriser, la cinéaste parvient, malgré des procédés formels et d’entrevue plutôt classiques, à maintenir un lien constant entre l’ampleur de ses images et la teneur de ses propos, sans toutefois réussir à se démarquer de ce qui a déjà été fait dans le même panorama.
Le message général du film, tout comme ses métaphores — qui souhaitent donner aux spectateurs l’élan de suivre leurs rêves et d’oser gravir leurs propres sommets —, n’a rien de très original et ne détournera personne très longtemps de l’état lamentable du monde.
On retiendra plutôt les personnalités lumineuses et la lucidité des deux mentors, qui déjouent tous les préjugés sur l’âge. Alexandra Elkin fait également preuve d’une candeur rafraîchissante et d’une agilité prometteuse sur le plan scénaristique, qui, au-delà de l’exploit, lui permettent de mettre en scène un cheminement moins utopique et de rappeler que la réussite, tout comme l’identité, ne devrait jamais s’en tenir à une seule définition.


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