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Culture 19/05/2026 11:11 Actualisé le 19/05/2026 12:27
L’équipe du film « Garance » a réagi au boycott des signataires de la tribune anti-Bolloré qui secoue le cinéma. La réalisatrice Jeanne Herry a défendu les équipes de Canal.
À chaque interview sur la Croisette cette année, le sujet brûlant revient. Adèle Exarchopoulos n’y a pas échappé. Lundi 18 mai, au lendemain de sa montée des marches pour le film Garance, l’actrice a réagi à la décision du patron de Canal+ de boycotter tous les signataires de la tribune contre Vincent Bolloré.
Le texte, publié dans Libération la veille du lancement du Festival de Cannes, dénonce « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le 7e art. En réponse, le PDG de Canal+ Maxime Saada a annoncé le 17 mai ne plus vouloir travailler avec les signataires, choquant la Croisette et le monde du cinéma
À Cannes, Adèle Exarchopoulos a dit avoir du mal à croire à une mise au placard des centaines de signataires. « Pour moi c’est impossible, enfin ce n’est pas que c’est impossible, c’est que tu ne peux pas avoir peur de perdre ton travail juste parce que tu exprimes une inquiétude collective. C’est la liberté d’expression » a-t-elle affirmé au micro de l’AFP.
Sara Giraudeau, également à l’affiche de Garance, a de son côté estimé qu’il s’agissait peut-être « de réactions à chaud, pour faire peur ». L’actrice a appelé à « essayer de continuer à réussir à s’entendre, parce que, quand même, Canal+ finance une grande partie du cinéma et des films qui ne vont peut-être pas forcément dans leur lignée de pensée ». « C’est juste dommage de tout flinguer », a conclu Sara Giraudeau.
Séparer Vincent Bolloré des équipes de Canal
La réalisatrice Jeanne Herry a, elle, tenu à saluer le soutien et le travail des équipes de Canal, qu’elle ne met pas dans le même panier que les dirigeants. « Ces gens-là je les connais, et je peux attester que pour le moment, dans ma vie à moi de réalisatrice, il n’y a aucune mainmise éditoriale ou idéologique sur mes projets », a-t-elle raconté.
La cinéaste, en compétition pour la Palme d’or avec Garance, a ajouté : « Je pense qu’il y a eu aussi un truc un peu raide pour les équipes de Canal à recevoir qu’ils étaient “cryptofascistes” [un terme utilisé notamment par le réalisateur Arthur Harari, signataire de la tribune, pour qualifier Vincent Bolloré, ndlr]. Mais les appréhensions qui sont soulevées par ces tribunes, je les comprends très bien ».
Depuis les propos de Maxime Saada et les rumeurs d’une « liste noire » de personnalités avec qui il ne voudrait plus travailler, 600 nouveaux noms ont rejoint la pétition anti-Bolloré. Si le patron de Canal+ pensait intimider, c’est raté.


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