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Au cœur des critiques, Jean Dujardin valorise le débat sur son nouveau film « Les rayons et les ombres »

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Culture 14/04/2026 06:45 Actualisé le 14/04/2026 13:54

Dans Quotidien, Jean Dujardin et Xavier Giannoli ont répondu aux critiques d’historiens visant leur film sur la collaboration, en défendant une approche assumée du récit historique.

Jean Dujardin et Xavier Giannoli assument dans Quotidien la polémique autour de Les rayons et les ombres et défendent le débat sur l’histoire.

Capture d’écran TMC

Jean Dujardin et Xavier Giannoli assument dans Quotidien la polémique autour de Les rayons et les ombres et défendent le débat sur l’histoire.

Jean Dujardin ne cherche ni à calmer le jeu ni à esquiver la polémique. Alors que « Les rayons et les ombres », dans lequel il incarne une figure de la collaboration, fait l’objet de vives réactions, l’acteur assume pleinement la controverse. « Non mais c’est bien, j’aime bien quand ça gratte », a-t-il lancé sur le plateau de Quotidien.

Invité avec le réalisateur Xavier Giannoli, il est venu répondre directement aux critiques visant le film, largement relayées depuis sa sortie. Le film, sorti mi-mars, retrace le parcours de Jean Luchaire, patron de presse engagé aux côtés du régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Les rayons et les ombres » a déjà attiré près de 800 000 spectateurs en salles, mais ses créateurs assurent ne pas avoir anticipé l’ampleur de la controverse. « Je ne le vis pas comme un pataquès », a d’ailleurs réagi Jean Dujardin, tandis que Xavier Giannoli reconnaît avoir été surpris et touché par la tournure très politique prise par le débat.

Depuis le mois dernier, plusieurs historiens contestent la manière dont le film s’empare de certains faits, certains allant jusqu’à l’accuser de minimiser le rôle de la Résistance.

Xavier Giannoli s’est dit irrité par ces critiques qu’il juge infondées. Le réalisateur assure avoir travaillé avec des historiens pour construire son récit. Il revendique toutefois une part d’adaptation propre au cinéma : « Le récit scénaristique n’est pas celui d’une thèse historique », explique-t-il, évoquant des « torsions cinématographiques » pour construire son film. Mais sans jamais, selon lui, trahir le fond : « Ce qui était capital, c’est qu’il n’y ait pas d’erreur grave et pas de contresens. » Le présentateur de l’émission, Yann Barthès, avoue ne pas s’être attendu « à ce que vous soyez aussi touché personnellement ».

« Le cinéma sert aussi à ça [...] autant débattre »

Mais là où le débat se crispe, Jean Dujardin y voit une fonction du cinéma. Pour l’acteur, raconter des figures controversées, c’est aussi accepter de déranger. « Raconter notre récit national, dès que l’on peut éclairer un petit peu », explique-t-il, avant d’insister : « On parle de complexité des personnages mais nous sommes des êtres complexes. Le cinéma sert aussi à ça. Donc autant y aller, autant débattre. »

« Tout ce qui n’est pas dit, généralement pourrit », insiste-t-il, voyant dans la controverse une occasion d’engager la discussion plutôt que de la clore. L’acteur confie d’ailleurs ne pas s’être lancé immédiatement dans ce rôle, qu’il avait d’abord refusé, jugeant le personnage difficile à appréhender avant de finalement décider d’« y aller jusqu’au bout ».

Sur le plateau, Yann Barthès a rappelé que Jean Dujardin avait déjà été exposé à plusieurs controverses ces dernières années. « Tous les symboles français, vous vous les prenez dans la figure », a-t-il observé. Mais l’acteur a préféré en sourire. « J’ai dit que je rentrais en France, que je restais en France, il faut bien que ça serve à quelque chose », a-t-il répondu, avant de résumer sa position avec la même formule : « J’aime bien quand ça gratte. »

Une manière de revendiquer un cinéma qui accepte la controverse, surtout lorsqu’il s’attaque à des zones sensibles de l’histoire et de faire du débat une partie intégrante du film lui-même.

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