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La défense d’Hicham Harb a demandé à la cour d’appel de Paris d’annuler son extradition, qui avait selon elle «un but politique», a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.
Trois mois après son extradition, le superviseur présumé de l'attentat antisémite de la rue des Rosiers en 1982 tente d'obtenir sa remise en liberté, jugeant que son transfert est une opération «politique» en échange de la reconnaissance par la France de l'État de Palestine. La procédure judiciaire autour de l'une des pires attaques antisémites commises en France depuis la Libération, restée impunie depuis quatre décennies, a connu un tournant mi-avril, avec l'extradition du Palestinien Hicham Harb, 71 ans, alors que l'enquête était close, et un procès déjà ordonné.
L'accusation considère qu'il a participé comme tireur et «chef» de commando à l'attaque du 9 août 1982, qui a fait six morts et 22 blessés, dans le Marais. Une grenade avait explosé dans un restaurant, avant une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes. Mercredi, la défense d'Hicham Harb a demandé à la cour d'appel de Paris d'annuler son extradition, qui avait selon elle «un but politique», a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.
Hicham Harb (Abed Adra de son vrai nom), fonctionnaire à Ramallah en Cisjordanie, a été arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, peu avant la reconnaissance de l'État de Palestine par Paris. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis 2015. Selon sa défense, son extradition est le fruit d'un «arrangement entre les autorités françaises et palestiniennes pour contourner la procédure», selon des éléments auxquels l'AFP a eu accès. Sa remise «n'était en réalité qu'une des conditions convenues en échange de la reconnaissance de la Palestine comme État souverain», estime-t-elle. Le Quai d'Orsay et l'Élysée y «ont manifestement joué un rôle déterminant», accuse-t-elle.
«Gravité» de l'attaque
Dans des réquisitions écrites début juin, et dont l'AFP a eu connaissance, le parquet général s'oppose à la remise en liberté d'Hicham Harb et balaie ses arguments. Il estime que le caractère «politique» de la procédure d'extradition n'est pas démontré, au regard de la «gravité» de l'attaque, attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Sollicitée par l'AFP, l'avocate d'Hicham Harb, Me Alice Becker, n'a pas souhaité commenter une procédure couverte par le secret de l'instruction. Elle s'alarme cependant des conditions de détention et de l'état de santé de son client «entre autres en rémission de deux cancers».
«Placé à l'isolement à (la prison de) Fresnes, aucun examen n'a été réalisé depuis deux mois et son état physique et mental se dégrade de façon alarmante», a-t-elle souligné. Hicham Harb, visé par un mandat d'arrêt de la justice allemande qui enquête sur un attentat à l'aéroport de Francfort en 1985, est également sur les radars d'enquêteurs, notamment en Italie, pour l'attaque d'une synagogue à Rome en 1982.
Deux autres suspects jordaniens restent en Jordanie
Pour la rue des Rosiers, il devrait comparaître aux côtés d'Hazza Taha, né en Cisjordanie et soupçonné d'avoir caché des armes à l'époque, sous contrôle judiciaire, et d'Abou Zayed, Norvégien d'origine palestinienne considéré comme l'un des tireurs, détenu en France depuis 2020. «Ce qui se passe dans ce dossier est à l'image de l'antiterrorisme», estime l'avocat de ce dernier, Me Romain Ruiz, interrogé sur la procédure concernant Hicham Harb.
«Des choix politiques (...) guident l'action du parquet, et pas la recherche de la vérité ni la santé de deux vieillards que l'on jette en pâture pour sauver les apparences», a-t-il affirmé. Deux autres suspects jordaniens restent en Jordanie, la Cour suprême de ce pays ayant refusé de les extrader. Côté parties civiles, «en dépit de toutes les arguties procédurales, nous ne baisserons jamais les bras», a réagi Me David Père, interrogé par l'AFP.
«Il est indispensable que tout soit entrepris pour garantir la représentation» des accusés devant la justice, dans ce dossier «lourd et complexe», ajoute son confrère Me Vincent Brengarth. De son côté, la Licra appelle Hicham Harb à «cesser de politiser ce qui ne l'est pas et faire face à ses responsabilités» par la voix de son avocate Me Rachel Lindon.


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