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Dans l'usine Hyundai de Savannah, dans l'État de Géorgie, les ouvriers ne seront plus seuls sur la chaîne à moyen terme. À partir de 2028, un nouvel "employé" fera son apparition entre les postes de travail. Il s'appelle Atlas, mesure presque deux mètres et peut porter des charges dites lourdes, jusqu'à cinquante kilos.
Le constructeur sud-coréen, via sa filiale américaine Boston Dynamics, prévoit de déployer ses premiers robots humanoïdes sur ses chaînes de montage à partir de cette date. La confirmation est venue de Las Vegas lors du Consumer Electronics Show (CES), où Hyundai a présenté une version dite "de production" du robot.
Des robots pour remplacer qui ?
Pour rendre ce déploiement possible, Hyundai s'appuie évidemment sur l'IA. Pour ce faire, le constructeur s'est associé à Google DeepMind pour les capacités de perception et de raisonnement d'Atlas, mais aussi à Nvidia pour l'infrastructure de calcul.
Le déploiement ne se limitera pas à un seul site. Hyundai prévoit d'introduire progressivement ces robots humanoïdes dans plusieurs de ses usines à travers le monde, mais également de les "louer" avec maintenance et mises à jour logicielles incluses, explique le média spécialisé Frandroid. L'objectif serait de produire 30 000 robots par an à partir de 2028.
97 dollars pour une usine de voitures : le fiasco de Hyundai en RussieLa Géorgie servira de point d'entrée, avant une extension à d'autres sites du groupe en Amérique du Nord, en Europe et en Asie d'ici à la fin de la décennie. Et le choix de Savannah ne serait pas neutre, note la BBC. Cette usine figure parmi les projets industriels importants de Hyundai aux États-Unis (qui a annoncé en mars dernier un investissement de 21 milliards de dollars sur le territoire), mais elle reste aussi associée à un récent conflit social. En septembre 2025, un raid des services fédéraux de l'immigration (ICE) a conduit à l'arrestation d'environ 475 travailleurs de l'usine. La police fédérale américaine a décrit l'opération comme la plus importante menée sur un seul site par le département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Parmi les personnes détenues figuraient notamment 300 ressortissants sud-coréens. L'incident avait provoqué un malaise diplomatique entre les deux gouvernements et retardé le démarrage de certaines installations. Le président sud-coréen avait notamment appelé à une "réponse globale" à la perquisition, relaie le média L'Actualité. Mais force est de constater que rien n'a été fait pour l'instant.
La question est alors de savoir si cette annonce insinue un remplacement de ses travailleurs par Atlas. Elle a d'ailleurs été posée par la BBC lors de la présentation au CES et à l'heure actuelle, Hyundai assure vouloir ménager l'emploi humain en automatisant davantage certaines tâches, plutôt que de les remplacer, sans plus de détails.

D'autres prennent le pas
En tout cas, Hyundai n'est pas seul à explorer cette voie de la robotique. Plusieurs grands groupes testent déjà des robots humanoïdes dans leurs propres usines. Chez Tesla par exemple, le robot humanoïde Optimus est en phase de test sur certaines lignes de production. Le constructeur américain communique peu sur ses usages exacts, mais évoque des tâches simples de manutention et de logistique interne, avec l'objectif de réduire les coûts et de limiter le recours à la main-d'œuvre sur des postes répétitifs.
Elon Musk et Optimus : le pari colossal des robots humanoïdesEn Europe, BMW a annoncé expérimenter des robots humanoïdes dans une usine en Allemagne, notamment pour des opérations de manipulation de pièces. Mercedes-Benz mène également des tests, en partenariat avec des start-up spécialisées, pour automatiser certaines tâches physiques sur ses chaînes d'assemblage.
En Chine, des groupes industriels comme BYD ou le fabricant de batteries CATL investissent aussi dans la robotique avancée, tandis que plusieurs entreprises technologiques locales développent leurs propres humanoïdes industriels.
Et au-delà de l'automobile, Amazon teste également des humanoïdes pour des tâches logistiques dans ses entrepôts, preuve que l'enjeu dépasse largement le seul secteur automobile. Selon la banque Morgan Stanley, relayée par L'Express, plus d'un milliard de robots humanoïdes seront produits d'ici à 2050, pour un marché à 5 000 milliards de dollars.
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