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À compter du 1er juillet, l’Ontario modifie ses règles entourant les polices d'assurance pour offrir aux automobilistes davantage de flexibilité, ce qui pourrait réduire leurs primes mensuelles. Des experts croient toutefois que les économies resteront minimes et que le changement rendra les conducteurs plus vulnérables lors d'accidents.
Le président-directeur général de Surex Insurance, Lance Miller, explique qu’un client moyen pourrait économiser entre 100 et 200 dollars par an sur son assurance en optant pour la couverture de base. L’attrait de primes moins élevées pourrait cependant ne pas en valoir la chandelle.
Si vous choisissez de ne pas inclure les frais funéraires dans votre prime d’assurance, cela pourrait représenter une baisse de 30 à 50 dollars par an, soutient-il. Mais, en cas de funérailles, ces frais s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Dans une police actuelle, plusieurs éléments d'un contrat d'assurance, comme le remplacement du revenu, les prestations en cas de décès et les frais funéraires sont automatiquement couverts. À partir de mercredi, ils deviendront facultatifs.
Dès lors, seuls les soins médicaux, de réhabilitation et d’accompagnement resteront obligatoires.
Je pense que cela va nécessiter un changement de mentalité de la part des consommateurs, qui ne devront plus se concentrer uniquement sur l’assurance auto la moins chère.
La question sera désormais : Qu’est-ce qui me couvre réellement et comment puis-je trouver la couverture dont j’ai vraiment besoin au meilleur prix?

Certains éléments d'une police d'assurance automobile comme le remplacement du revenu, les prestations en cas de décès et les frais funéraires seront facultatifs dans un nouveau contrat.
Photo : Radio-Canada
Pour les personnes disposant déjà d’une police d’assurance automobile, la couverture reste inchangée. Les changements qui entrent en vigueur le 1er juillet ne s'appliquent qu’aux nouvelles polices ou à celles qui sont renouvelées.
Le gouvernement Ford a d’ailleurs demandé aux courtiers d’assurance de contacter leurs clients et de leur proposer d’adapter leurs polices.
Un danger potentiel
Selon l’avocat spécialisé en droit des cyclistes, David Shellnutt, ce changement présente un danger potentiel pour les victimes d’accidents non assurées.
Avant le 1er juillet, si vous étiez impliqué dans un accident de la route, peu importe que vous soyez piéton, passager, conducteur, cycliste à vélo électrique, vous aviez droit aux mêmes indemnités d’accident légales, relate-t-il.
Désormais, seuls le conducteur, son conjoint et les personnes à sa charge seront couverts par tout régime d’indemnisation facultatif. Une personne qui emprunte la voiture d’un conducteur et ne figure pas sur sa police d’assurance ne sera donc couverte qu’à la hauteur des indemnités minimales obligatoires fixées par la province, et non par la police d’assurance facultative souscrite.
D'ailleurs, les personnes blessées lors d’accidents ne pourront pas faire de réclamations dans le cadre des nouvelles garanties facultatives associées à la police d’assurance du conducteur, sauf mention explicite.

L'avocat David Shellnutt se préoccupe des conséquences de cette nouvelle politique sur les piétons et les cyclistes impliqués dans des accidents de voiture. (Photo d'archive)
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Ils seront plutôt couverts sous leur propre assurance automobile ou leur régime d'avantages sociaux lié à leur lieu de travail ou privé.
Or, M. Shellnutt affirme que bon nombre de piétons et de cyclistes en Ontario ne bénéficient d’aucune couverture.
Les conséquences de cette mesure, comparées aux maigres économies réalisées par les contribuables, sont vraiment préoccupantes, déplore-t-il.
Dans un communiqué, la porte-parole du ministère des Finances de l’Ontario, Sarah Chapin, souligne que les piétons et les cyclistes continuent de bénéficier des indemnités obligatoires en matière de soins médicaux, de réhabilitation et d’accompagnement.
Notre gouvernement offre aux automobilistes davantage de choix et de commodité lors de la souscription d’une assurance automobile, afin qu’ils puissent choisir la police qui correspond le mieux à leurs besoins, affirme-t-elle.
Des primes qui ne cessent d’augmenter
Le courtier du site de comparaison d'assurances en ligne rates.ca, Daniel Ivans, rappelle que ce n’est pas la première fois que des changements sont apportés pour tenter de réduire les primes, qui ne cessent d’augmenter au fil des années.
En 2016, le gouvernement provincial de l’époque, dirigé par la libérale Kathleen Wynne, avait abaissé le plafond d’indemnisation pour certains types de garanties afin de permettre aux conducteurs de bénéficier de primes moins élevées.
Même avec ces efforts, la vérificatrice générale de l’époque, Bonnie Lysyk, a écrit dans son rapport annuel de 2022 que, historiquement, ce sont les Ontariens qui paient les tarifs les plus élevés pour faire assurer un véhicule de tourisme au Canada.
En campagne électorale cette année-là, Doug Ford a notamment promis des changements pour alléger le fardeau des automobilistes.
Deux ans plus tard, le gouvernement a d'ailleurs retiré l'obligation d'obtenir une garantie d'indemnisation directe en cas de dommages matériels dans le cadre de son contrat d'assurance.
Mais les primes augmentent toujours.
Au cours des dix dernières années, les vols de véhicules et le changement climatique ont véritablement fait grimper les primes d'assurance automobile à des niveaux sans précédent.
Pour M. Ivans, réduire la couverture comme le propose désormais le gouvernement Ford n’est pas le meilleur moyen de faire baisser les prix.
L’expert conseille plutôt aux automobilistes de comparer les offres de différents assureurs pour trouver des tarifs plus avantageux avant de modifier son contrat.
Avec les informations de Mercedes Gaztambide, de CBC


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