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La compagnie californienne Waymo a annoncé la semaine dernière qu’elle compte amorcer des tests pour ses robots taxis dans les rues de Toronto. L'arrivée possible de ce nouveau concurrent inquiète des chauffeurs de taxi et d'applications de transport.
S'ils pouvaient arriver avec des prix beaucoup moins élevés, ça serait immédiatement un très grand problème pour les taxis, explique André Côté, chef de la recherche de The Dais, à l’Université métropolitaine de Toronto.
Les applications de transport à la demande, comme Uber et Lyft, ont déjà eu un impact important sur le travail des chauffeurs de taxi, selon Kristine Hubbard, directrice générale de Beck Taxi. Lorsqu'Uber est arrivé sur le marché, cela a créé une concurrence et a obligé tout le monde à baisser ses prix, dit-elle.

Kristine Hubbard, directrice générale de Beck Taxi, affirme que l’arrivée de Waymo sur le marché canadien rappelle ce qui s'est passé avec Uber. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Farrah Merali
Uber, de son côté, a déclaré par courriel que les Torontois ont adopté le covoiturage, aussi bien en tant que passagers qu’en tant que conducteurs.
Je crains de devoir changer de métier.
L’objectif de Waymo est de lancer ses taxis sans conducteur dans la Ville Reine en 2028. Avant d’y arriver, l’entreprise doit obtenir des autorisations provinciales et se conformer à des règlements municipaux.
Les services municipaux examinent actuellement comment le règlement municipal sur les véhicules de transport de passagers s’appliquerait aux véhicules autonomes et quelles modifications pourraient s’avérer nécessaires à l’avenir, a affirmé la Ville de Toronto dans un courriel.
Déjà actif aux États-Unis
Aux États-Unis, les taxis sans chauffeur de Waymo sont implantés depuis maintenant six ans. Ils sont présents dans 30 villes, dont San Francisco, Seattle et New York. Dans ces villes, certains chauffeurs de services de transport ressentent déjà les conséquences de cette nouvelle technologie.
Uber, cette même plateforme qui a bâti sa fortune grâce à notre travail acharné, à notre sueur et à notre sang, s’est désormais associée aux propriétaires de Waymo et a intégré cette dernière à sa plateforme, raconte Buhpendra Chouhan, membre du syndicat des chauffeurs de véhicules de tourisme d'Atlanta.
Le chauffeur affirme que ses revenus ont diminué de 20 à 30 % depuis l’arrivée de Waymo dans sa ville. Ce serait surtout les zones les plus rémunératrices, comme au centre-ville, où les chauffeurs des plateformes ressentent un important déclin du nombre de courses demandées.
Nous sommes convaincus que le rythme auquel Waymo s’est implanté et continuera de s’implanter mettra nos emplois en péril.

George Wedge, président de la Rideshare Drivers Association of Ontario, s’inquiète de l’impact que Waymo pourrait avoir sur le marché canadien des services de voiturage et de taxi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Joe Fiorino
Pour chaque voiture Waymo qui roulerait dans les rues de Toronto, il y aurait entre un et trois conducteurs de services de voiturage qui ne trouverait plus d'emploi, selon George Wedge, président de la Rideshare Drivers Association of Ontario, qui représente des conducteurs de plateformes comme Uber.
De son côté, Waymo a indiqué dans une réponse par courriel qu’investir et recruter localement est un élément central de la stratégie de développement de Waymo dans chaque ville où nous nous implantons. L’entreprise dit vouloir créer progressivement une centaine d’emplois, en embauchant des chauffeurs de taxi et des plateformes dans d'autres fonctions.
Tout n’est pas joué
Richard Powers, professeur d'économie à l’Université de Toronto, croit que le succès de Waymo ne sera que temporaire. En fin de compte, l’entreprise devra rivaliser avec les autres options qui s'offrent aux consommateurs, explique-t-il.
Le professeur ajoute qu'une course en véhicule de Waymo coûte actuellement plus cher que celles offertes par les taxis ou les applications. Selon lui, les taxis sans conducteur ne marcheront pas très bien, une fois que l'effet de nouveauté sera passé.
André Côté, de l’Université métropolitaine de Toronto, dit qu’il faudra aussi considérer les règlements qui seront adoptés par la Municipalité. Il cite en exemple le système de permis qui permet de limiter le nombre de taxis en ville.
Il pourrait y avoir des règlements qui établissent la façon dont les rues doivent être partagées entre les taxis, les covoiturages, puis les Waymo, dit-il.


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