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Généralistes ou spécialisées, les applications d’intelligence artificielle peuvent vous apporter des clés pour déclarer vos impôts ou des pistes de défiscalisation. Encore faut-il mesurer les risques.
Olivier Delahaye - Aujourd'hui à 17:30 - Temps de lecture :
Depuis quelques années, l’administration fiscale utilise l’intelligence artificielle pour lutter contre la fraude. Elle a notamment créé le projet « Foncier innovant » à partir des prises de vue aériennes de l’Institut national de l’information géographique (IGN) pour vérifier que la déclaration des contribuables correspond bien à la réalité de leurs biens immobiliers. De son côté, le contribuable peut-il s’aider de l’IA générative pour déclarer ses impôts, voire en réduire le montant ?
ChatGPT pour gagner un peu de temps
Le premier réflexe serait de se tourner vers une IA généraliste telle que ChatGPT. Celle-ci peut effectivement vous aider dans la compréhension des règles fiscales, la connaissance des différents dispositifs de défiscalisation et vous permettre de simuler certaines stratégies, comme l’impact d’un investissement.
Elle peut aussi vous guider quant à votre déclaration d’impôt et vous faire gagner du temps. Pour autant, elle cale très vite dès que la situation fiscale se complique et n’est pas en mesure de proposer des solutions de défiscalisation.
D’ailleurs, voici ce que ChatGPT dit de lui-même lorsqu’on l’interroge sur les meilleures IA à utiliser pour réduire ses impôts : « Ces IA sont généralistes et ne remplacent pas un logiciel spécialisé ou un fiscaliste certifié : elles peuvent donner des suggestions, mais aussi des réponses incomplètes ou obsolètes si la législation a changé récemment. »
L’expertise algorithmique
Avec Fiscaly, Taxcut ou encore Fiscaleo, des IA spécialisées en finance sont nées pour démocratiser l’accès au conseil fiscal, promettant à tout un chacun une expertise autrefois réservée aux contribuables les plus fortunés.
Gratuite, l’appli Fiscaly est plutôt bien faite. Son cofondateur, Gustav Sondén, explique : « Fiscaly.ai conjugue de l’IA et de l’algorithmique. L’IA ne joue ici qu’un rôle de confort pour l’utilisateur en lui permettant d’échanger de façon naturelle avec l’outil. La connaissance métier est quant à elle injectée dans l’algorithme développé par nos soins. C’est elle qui déduit les recommandations fiscales. L’IA ne fait que les traduire en langage. »
Pour avoir droit au conseil, Fiscaly vous demande de télécharger votre dernier avis d’impôt ou de remplir manuellement les données nécessaires à son calcul.
Cloud, hallucination et prompt
Uploader son avis d’impôt sur un site dont on ne sait rien, voilà une drôle de démarche, même si Fiscaly promet que les données traitées sont cryptées et hébergées en Europe.
Payantes, TaxCut et Fiscaleo demandent de leur côté une inscription, ce qui suppose de livrer son identité (Fiscaleo n’exige pas de mot de passe renforcé).
Ainsi, vos données fiscales sont transmises on ne sait où dans le cloud et, qui plus est, servent surtout à alimenter et à entraîner l’IA. Autre risque : l’hallucination.
En intelligence artificielle, ce terme désigne une réponse erronée énoncée comme un fait certain. En cas d’erreur, difficile de se retourner contre la machine.
Or, l’hallucination n’est pas rare dès lors que la demande manque de précision. Savoir écrire un « prompt », cette instruction envoyée à l’agent conversationnel, est indispensable pour obtenir en retour des informations utilisables.
Raison pour laquelle les IA préviennent qu’elles ne sont qu’une aide à la décision et qu’il est préférable de vérifier ses recommandations… auprès d’un expert.


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