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Série : Effacés du jour au lendemain [3/3 ] - Plus de 50 000 personnes disparaissent chaque année en France, volontairement ou non : fugues, enlèvements, choix de tout quitter ou homicide dans des circonstances non élucidées. Pour les familles, l’attente est un déchirement, entre espoir et résignation, à la recherche d’une trace ou simplement de la vérité. Quand certaines peinent à trouver des réponses auprès des institutions, elles se tournent vers des associations.
Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:15 - Temps de lecture :
Ils sont près de 1 000 enquêteurs bénévoles à œuvrer dans toute la France et même dans le monde, au sein de l’association Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD). Leur mission est précieuse : apporter un espoir aux familles plongées dans l’angoisse de l’absence d’un proche. Plusieurs scénarios se dessinent lorsque quelqu’un disparaît, volontairement ou non : fugue, volonté de fuir, enlèvement, meurtre. Quand les réponses manquent du côté des institutions, certains se tournent alors vers des associations comme l’ARPD.
Créée en 2003, l’association compte des délégations régionales et départementales en métropole et Outre-mer, ainsi que des représentants en Belgique, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Suisse. Son objectif : assister les familles et, si nécessaire, mener des recherches en parallèle ou après les enquêtes officielles. « On a de plus en plus de demandes. En 2025, on en comptait environ 800, dont un peu plus de la moitié ont abouti à une ouverture de dossier et 230 cas ont été réglés dans l’année », précise Bernard Valezy, président de l’association, qui a officié comme commissaire de police pendant 40 ans.
En France, on distingue les disparitions non inquiétantes (supposées volontaires) et les disparitions inquiétantes. Depuis 2013 et la fin de la procédure de « recherche dans l’intérêt des familles », les forces de l’ordre ne traitent plus les premières, laissant l’ARPD prendre le relais. Pour les disparitions inquiétantes, chiffrées à environ 50 000 par année, les cas sont divers et variés : fugues, malades d’Alzheimer, suicides présumés, enlèvements, meurtres… Si une enquête de police et de gendarmerie et lancée et encore en cours, l’association va surtout accompagner les familles : conseils, mise en relation avec des avocats ou des psychologues, et réalise parfois des actes d’enquête complémentaires, toujours en coordination avec la police ou la gendarmerie.
« L’essentiel, c’est de ne pas perturber l’enquête officielle », appuie le président. « La disparition, ce n’est pas quelque chose qu’on prévoit, auquel on peut se préparer. Les familles sont souvent perdues et donc c’est d’abord pour ça que l’association a été créée », poursuit-il.
Un travail minutieux
Certains dossiers sont particulièrement complexes, comme les disparitions volontaires à l’étranger très bien préparées ou les affaires classées sans suite par la justice. Dans ces cas, l’ARPD analyse les procédures officielles et relance des investigations si nécessaire, en collaboration avec les familles. « Si on trouve des éléments nouveaux, on les transmet immédiatement aux autorités », précise Bernard Valezy. Depuis quelques années, l’association se penche également sur les cas complexes de disparitions de mineurs, de plus en plus nombreuses et « souvent sensibles, car de plus en plus de ces affaires de disparition qui sont liées à de la prostitution », ajoute le président.
Avec ses 980 adhérents (dont 15 % d’anciens policiers ou gendarmes), l’ARPD est capable de déployer enquêtes de voisinages, des battues avec des chiens (notamment pour les personnes atteintes d’Alzheimer), et scrute les réseaux sociaux. Internet est devenu un outil indispensable pour trouver des indices et des témoignages. Elle travaille aussi sur les cas de personnes enterrées sous X en croisant les données récupérées auprès des services d’État civil, collabore avec d’autres structures comme des associations venant en aide aux personnes sans domicile fixe. Elle gère même les disparitions de Français à l’étranger (environ 200 par an), en lien avec le ministère des Affaires étrangères. Un travail indispensable pour les familles, pour n’oublier personne, même si certaines affaires restent encore sans réponse.


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