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À l’image de l’auteur de « L’Arabe du futur », Joann Sfar, Pénélope Bagieu et bien d’autres figures de la bande dessinée ont fait part de leur immense tristesse.

JOEL SAGET / AFP
Marjane Satrapi, ici au mois de novembre 2022, est décédée à l’âge de 56 ans.
EN BREF • Marjane Satrapi, autrice de Persepolis, est décédée à 56 ans, suscitant une vive émotion dans le monde de la bande dessinée.
• Riad Sattouf, Joann Sfar ou encore Pénélope Bagieu lui rendent hommage, saluant son influence majeure.
• De nombreux bédéistes soulignent son impact, son style unique et son engagement pour la liberté.
Riad Sattouf est « sous le choc ». L’auteur de L’Arabe du futur a pris la parole sur son compte Instagram ce jeudi 4 juin pour exprimer toute sa tristesse à l’annonce de la mort de Marjane Satrapi, lui qui a commencé dans la bande dessinée « à peu près au même moment qu’elle, alors qu’elle rencontrait un immense succès avec Persepolis ».
« Son œuvre a ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier », écrit-il. Avant d’ajouter : « je lui avais proposé un petit rôle de vendeuse de guitares dans mon premier film, Les Beaux Gosses (dont la sortie en 2009 a été suivie d’un César l’année suivante, ndlr). Elle avait accepté avec une grande gentillesse. On avait bien rigolé. »
Disparue à l’âge de 56 ans, l’artiste franco-iranienne est « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », comme l’ont annoncé, ce jeudi, ses proches à la presse, sans donner plus de détails sur les circonstances de la mort de l’autrice et réalisatrice.
« La vie, le travail, les années ont passé, et nos chemins ne se sont plus croisés, regrette Riad Sattouf, ému. Fuck. Il est temps de relire ses livres. » Parmi eux, son best-seller Persepolis, mais aussi Broderies et Poulet aux prunes.
Un constat partagé par Joann Sfar, selon qui Marjane Satrapi « a changé le monde avec [ses] bandes dessinées ». « J’ai perdu ma sœur jumelle, écrit le père du Chat du rabbin, un dessin d’elle réalisé par ses soins à l’appui. Tu seras dans tes livres. Et dans ceux qu’on écrira sur toi. Je ne savais pas que je t’aimais assez fort pour ne pas t’en vouloir. »
La dessinatrice Pénélope Bagieu, elle, n’a « pas les mots ». « Je suis sidérée et très, mais alors très, très triste, souffle-t-elle à son tour en story. Et même si à côté ce n’est rien du tout, je pense à nous toutes, à qui elle a ouvert une porte, un possible. Elle a été tellement décisive pour moi. » Même chose pour Louison, qui ajoute : « Marjane Satrapi, tellement d’autrices te continueront. »
« PUNK IS NEVER DED »
Tandis que l’autrice Catherine Meurisse a partagé un cliché d’elle le jour de son élection à l’Académie des Beaux-Arts, bien des bédéistes ont pris la plume dans les pages de Libération pour lui rendre hommage en dessin. « Punk, Vie, Liberté », peut-on voir sur l’un d’entre eux croqué par Luz.
« La nouvelle me dévaste. Elle est arrivée dans nos vies de dessinateurs et dessinatrices comme un boulet de canon, avec son noir si dense et son trait si volontaire… Un boulet de canon avec un rouge à lèvres pétard », raconte l’ancien de Charlie Hebdo. « Dans son monde entre noirceur et lumière, elle était rire et gravité, caractère et sensibilité, force et fragilité », abonde Coco.
La dessinatrice a, elle, revisité un cliché emblématique du film Persepolis, montrant la jeune Marjane se faire alpaguer par deux femmes dans la rue pour lui retirer son tee-shirt provocateur. Sur son croquis, celle-ci a bien grandi. Elle tient dans sa main un crayon rouge. Dans son dos, elle a corrigé en lettres majuscules : « PUNK IS NEVER DED ».


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