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Ils sont « prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. »

MAXIME SCHMID / AFP
La justice suisse ouvre une instruction contre les gérants français du bar à Crans-Montana
Les autorités suisses ont annoncé ce samedi 3 janvier l’ouverture d’une instruction pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du nouvel an par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana, ayant fait 40 morts et 119 blessés.
Ils sont « prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence », ont indiqué la police et le bureau de la procureure générale du canton du Valais, dans un communiqué, qui ne mentionne pas de détention provisoire et rappelle que « la présomption d’innocence s’applique jusqu’à ce qu’une condamnation définitive soit prononcée ».
Quelques heures avant cette annonce, le gérant avait affirmé que son bar a été contrôlé « trois fois en dix ans. » « On fera tout notre possible pour aider l’enquête », avait déclaré Jacques Moretti à 20Minutes.ch, en assurant que « tout s’est fait dans les normes. »
La mousse acoustique au centre de l’enquête
La mousse acoustique recouvrant le plafond du bar de Crans-Montana est l’un des éléments clés examinés par les enquêteurs, selon la justice suisse. « L’enquête porte effectivement sur la pose de cette mousse » et elle devra déterminer si cet isolant phonique « est conforme » et s’il est « à l’origine ou pas » de l’embrasement de la salle, a expliqué vendredi 2 janvier la procureure générale du canton de Valais, Béatrice Pilloud, lors d’une conférence de presse.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu est parti des bougies incandescentes placées sur des bouteilles de champagne. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un embrasement rapide du plafond du sous-sol du bar, recouvert de cette mousse acoustique.
Pour Freddy Rigaux, ancien sapeur-pompier professionnel et expert judiciaire auprès de la cour d’appel de Rouen, le matériau visible sur ces vidéos correspond à des produits « facilement, voire très facilement inflammables », contrairement aux matériaux classés M1 requis pour les plafonds des établissements recevant du public.
Sur les plafonds, les matériaux classés M1 sont combustibles, mais pas inflammables. « Ils vont se dégrader sous l’effet de la chaleur, mais ne vont pas produire de flammes, notamment de gouttes enflammées comme on peut le voir sur la vidéo », explique-t-il.
Le spécialiste souligne également que l’inflammabilité de ces mousses, souvent en polyuréthane, favorise une propagation rapide du feu lorsque le matériau n’est pas traité avec des produits visant à retarder la combustion.


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