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L’élimination du Canadien de Montréal des séries de hockey vendredi a mis fin à une effervescence pour les restaurateurs du centre-ville de Montréal. Après plusieurs semaines à tourner à plein régime, ils retrouvent désormais leur rythme habituel et se préparent à un été qui s’annonce plus calme, mais toujours animé.
L’essoufflement de l’effet des séries éliminatoires sur les restaurants s’est fait sentir dès le début de la semaine dernière, selon Fatma Kilani, serveuse à la succursale des 3 Brasseurs de la rue Sainte-Catherine Ouest, après la défaite du Canadien de Montréal le lundi 25 mai, lors du troisième match contre les Hurricanes de la Caroline.
« Après lundi, les gens se sont calmés. Mercredi, il y avait quand même du monde, mais pas plus que ça. Puis vendredi, c’était beaucoup moins [achalandé] que ce que c’était en général pendant les séries », observe-t-elle en entrevue avec Le Devoir.
Le restaurant doit maintenant se réadapter : « S’il y avait eu une game, j’aurais travaillé ce soir, mais là je ne travaille pas parce que c’est fini. La moitié du staff est coupée [ce soir] », explique Mme Kilani.
À La Belle et La Bœuf, juste en face du centre Bell, l’essoufflement s’est fait sentir vendredi soir, avant même la fin du match. « Quand on a eu la dernière game vendredi, habituellement le monde reste jusqu’à la fin [du match] et paye au tout dernier moment, pis là ils payaient à la deuxième période et s’en allaient », souligne Océane April, serveuse du restaurant. « On a vraiment vu le changement. »
Le Tricolore s’est rendu en finale de l’Est après avoir battu le Lightning de Tampa Bay et les Sabres de Buffalo en sept parties. Les Hurricanes ont finalement éliminé le Canadien lors du cinquième match de la finale de l’Est vendredi.
L’euphorie créée par les séries éliminatoires, en plus de celle du Grand Prix du Canada, qui a eu lieu plus tôt que d’habitude cette année, a permis de donner un véritable élan à la saison estivale à Montréal.
« Les terrasses ne fonctionnaient pas beaucoup ce mois-ci à cause des températures, les séries auront aidé à ce moment-là pour les établissements », affirme Dominique Tremblay, directrice aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec (ARQ).
« C’est la première fois que je vois ça »
« Pendant les séries, c’était actually full. Je pense que c’est la première fois que je vois ça », lance Mme Kilani. « Pendant la première ronde, on avait vraiment beaucoup de clients. Un soir, on n’avait plus de chaises, donc on faisait asseoir les gens sur des caisses de lait — c’était très compacté. »
La serveuse de la succursale 3 brasseurs ajoute que la section du haut du restaurant, qui est souvent fermée, « était tout le temps ouverte et tout le temps pleine » pendant les séries.
« C’était vraiment intense », souligne pour sa part Félix Caupert, chef d’équipe à la succursale La Cage du Centre Bell. « On l’a bien vu au niveau du rythme de travail et de notre staff : des fois, il fallait qu’il soit carrément doublé. »
Au niveau des quantités de marchandises, M. Caupert donne l’exemple des stocks d’alcool que la succursale devait commander pour répondre aux besoins de la clientèle pendant les séries. « Les factures d’alcool, sans donner de chiffres exacts, elles ont été multipliées par trois par rapport à une période normale. »
Zach Oskrdal, barman au Hurley’s Irish Pub, n’avait pas vu un tel engouement pour les séries éliminatoires de hockey depuis 30 ans. « Dès qu’on a prouvé qu’on pourrait aller loin, de plus en plus de monde embarquait dedans », dit-il « Tout le monde était vraiment investi [dans les séries]. »
Le pub irlandais, situé rue Crescent, s’est d’ailleurs équipé de plusieurs télévisions en plein milieu des séries. « On a beau être le meilleur bar avec la meilleure bouffe, ça ne vaut rien si on ne diffuse pas le match pendant que les Canadiens de Montréal sont dans la série », souligne M. Oskrdal.
À l’instar du restaurant les 3 brasseurs, le Hurley’s Irish Pub était plein à craquer chaque soir de match, souligne le barman. « Tout était ouvert pour diffuser le match. »
Cap sur l’été
Malgré la baisse d’achalandage attendue après la fin des séries, les restaurateurs du centre-ville de Montréal ne sont pas inquiets pour l’été.
« Même si le hockey est terminé, on a quand même de grosses semaines [qui arrivent] », affirme M. Caupert. « Là, on va avoir la Coupe du monde [de la FIFA] qui va arriver, donc ça va aussi nécessiter une nouvelle organisation, mais je pense qu’on s’embarque quand même pour un été qui, évidemment, va être plus calme que les séries, mais il va quand même être assez mouvementé pour nous. »
Fatma Kilani affirme de son côté que l’achalandage « va recommencer comme avant : ça va être calme tous les jours de la semaine, sauf quand il y aura des événements au Centre Bell ». « Mais ce ne sera jamais aussi plein que pendant les séries », déplore-t-elle.
Même son de cloche pour La Belle et La Bœuf : « On est quand même souvent occupés parce que le Centre Bell est juste en face, c’est tout le temps occupé quand on a des concerts », dit Océane April.
La directrice aux affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ avance que « ça va juste être différent ». « C’est la saison estivale qui commence, donc ça va être plus au niveau du tourisme, les gens qui viennent de l’extérieur pour visiter Montréal et la province. »
Entre-temps, après une fin de semaine pluvieuse — à l’image de l’état d’âme de nombreux partisans du Tricolore —, ceux-ci pourront profiter du retour du soleil pour noyer leur chagrin en terrasse dans les prochains jours.


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