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Interrogé par Caroline Roux, Emmanuel Macron a expliqué pourquoi la France n’avait jamais soutenu l’intervention militaire américaine.

Capture d’écran France tv
Sur France 2, Emmanuel Macron a expliqué à Caroline Roux que la France n’avait jamais soutenu cette guerre, faute d’en comprendre les objectifs.
Donald Trump a beau avoir signé un accord avec l’Iran depuis Versailles, Emmanuel Macron ne semble toujours pas convaincu par la guerre qui l’a précédé. Le contraste est d’autant plus frappant que le président français a lui-même accueilli son homologue américain mercredi soir au château de Versailles, où ce dernier a signé, à la surprise générale, l’accord conclu avec Téhéran dans la foulée du G7. Une décision qui, selon Emmanuel Macron, « s’est faite de manière assez spontanée ».
Invité de France 2 ce jeudi 18 juin, au lendemain de la signature surprise de l’accord irano-américain, le président français a salué le retour au dialogue. Mais interrogé sur le conflit déclenché il y a près de quatre mois par Washington, il a surtout répété une chose : la France n’a jamais vraiment compris quels étaient les objectifs poursuivis par les États-Unis.
Lorsqu’on lui demande qui a gagné cette guerre après 108 jours de combats, Macron refuse d’ailleurs d’entrer dans « cette logique ».
« Je ne crois pas qu’on puisse dire qu’elle soit totalement terminée », répond-il d’abord, avant de revenir sur ce qui constitue, selon lui, le problème depuis le début du conflit : son objectif réel.
« Une ambiguïté depuis le début »
Le chef de l’État rappelle que Paris partageait la même préoccupation que Washington sur le programme nucléaire iranien mais que lorsque les États-Unis ont choisi l’option militaire, la France a refusé de suivre.
« On ne va pas participer à cette guerre. On n’en partage pas les objectifs parce qu’ils ne semblent pas clairs », rappelle-t-il, reprenant quasiment mot pour mot la position défendue par l’Élysée depuis le début du conflit.
Alors pour Emmanuel Macron, la question reste entière même après l’accord signé mercredi. S’agissait-il d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire ? De détruire ses capacités balistiques ? Ou de provoquer la chute du régime iranien ?
« Il y a une ambiguïté depuis le début », estime-t-il. « Il a semblé que l’objectif pouvait être ce qu’on appelle un changement de régime. » Le président français souligne d’ailleurs que les États-Unis eux-mêmes n’ont jamais réellement présenté la guerre comme une victoire. « Les États-Unis n’ont pas dit : la guerre est finie, on a réussi », observe-t-il, avant de relever les hésitations qui ont entouré la stratégie américaine.
Le président français poursuit : « on n’a pas un changement de régime par des bombardements », évoquant l’exemple de l’Afghanistan pour illustrer les limites d’une telle stratégie.
« Ce que je constate, c’est qu’il avait des gens autour de lui (...) qui le poussaient à aller beaucoup plus loin et beaucoup plus fort », ajoute-t-il au sujet de Donald Trump.
Et c’est bien là tout le paradoxe du discours présidentiel. Emmanuel Macron accueille favorablement l’accord négocié entre Washington et Téhéran, qu’il juge préférable à une poursuite de la guerre. « C’est toujours mieux d’avoir un accord que la guerre », insiste-t-il. « On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État estime notamment que l’accord ouvre la voie à la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et l’approvisionnement énergétique. Il a redit la disponibilité de la France, aux côtés notamment du Royaume-Uni, pour contribuer à sécuriser la reprise du trafic maritime dans la zone.


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