Faut-il rouvrir la porte à l’atome? C’est peu dire que le vote du Conseil national de ce lundi soir était attendu. La Chambre du peuple devait statuer sur le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative «Stop au blackout» qui demande la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. L’issue des délibérations promettait d’être ultra-serrée, à la voix près. Les chefs de groupe avaient rappelé leur troupe à l’ordre: personne ne devait être absent à l’heure de voter. Mais au bout du suspense, après dix heures d’échanges tendus étalés sur trois jours et pas moins de 99 orateurs, le Conseil national a finalement décidé… de ne pas décider. En toute fin de séance, les élus ont accepté par 100 voix contre 97 (et 2 abstentions) le renvoi du projet au gouvernement afin de demander des clarifications sur le plan financier de cette ouverture.
Une majorité de conseillers nationaux ont ainsi suivi la proposition de la centriste lucernoise Priska Wismer-Felder, qui veut des garanties avant de se prononcer sur le fond. Un avis partagé par sa collègue de parti, Marie-France Roth Pasquier: «L’opposition au nucléaire est souvent une question de principe. Mais au-delà du principe, il faut parler du financement, car aucune centrale nucléaire au monde n’a jamais été construite sans le soutien de l’Etat.» Une large partie de la formation centriste a donc approuvé la demande, alliée à l’ensemble du camp rose-vert et des Vert’libéraux.


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