NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Des centaines de citoyens, des agriculteurs et des représentants de plusieurs régions du Québec ont convergé vers l’Assemblée nationale au cours des derniers jours pour réclamer un moratoire sur le développement accéléré de l’énergie éolienne.
Le mouvement arrive à un moment particulièrement délicat pour Hydro-Québec. La société d’État mise désormais sur une expansion massive de l’éolien pour répondre à la croissance prévue de la demande d’électricité : elle veut ajouter plus de 10 000 MW de capacité éolienne d’ici 2035, alors qu’environ 4 000 MW sont actuellement installés au Québec.
Or, plus le projet prend de l’ampleur, plus une réalité longtemps reléguée au second plan devient difficile à ignorer : une énergie peut être renouvelable sans être gratuite, invisible, constante ou sans conséquence sur le territoire.
L’éolien — comme le solaire — peut certainement faire partie du bouquet énergétique québécois. Mais le présenter comme une solution presque miraculeuse permettant de produire massivement de l’électricité «verte» sans les compromis associés aux autres formes d’énergie risque de provoquer un sérieux retour à la réalité.
Une opposition qui s’organise
Le 7 septembre, des délégations provenant notamment du Bas-Saint-Laurent, de la Montérégie, de l’Estrie, du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale ont marché jusqu’à l’Assemblée nationale.
Le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) réclame un moratoire, un BAPE générique sur l’ensemble de la filière, un vaste débat sur l’avenir énergétique du Québec ainsi que des référendums municipaux avant l’implantation de projets dans les milieux habités. Pour illustrer les dimensions désormais atteintes par les infrastructures modernes, les manifestants ont même formé au sol la silhouette d’une éolienne de 210 mètres.
La grogne agricole ne date d’ailleurs pas de cette semaine. Dès mars, l’Union des producteurs agricoles, le SCFP-Québec, le RVÉQ et le regroupement Vent d’élus avaient demandé la suspension de l’appel d’offres éolien d’Hydro-Québec. Selon l’UPA, seulement 2 % du territoire québécois est agricole, alors que le potentiel visé par l’appel d’offres de 2026 atteignait 5 000 MW et se retrouvait presque entièrement en zone agricole. L’organisation soutient également que plus de 17 000 hectares agricoles ont déjà été perdus en dix ans sous la pression de l’urbanisation, de l’industrie et des infrastructures.
La tension vient justement de franchir une nouvelle étape en Montérégie. La Commission de protection du territoire agricole du Québec s’est opposée à deux projets, ceux du Monnoir et des Jardins, représentant ensemble environ 247 MW. Les décisions préoccupent Hydro-Québec précisément parce qu’elles pourraient compliquer le développement de nombreux autres projets prévus dans le sud du Québec.
Nous voilà donc devant un conflit très concret entre deux objectifs que Québec présente pourtant tous deux comme prioritaires : produire davantage d’électricité et protéger le territoire agricole.
10 000 MW qui ne valent pas 10 000 MW
Le principal piège lorsqu’on parle d’énergie éolienne consiste à confondre la puissance inscrite sur une fiche technique avec la quantité d’électricité réellement disponible lorsque le réseau en a besoin.
Hydro-Québec en fait elle-même la démonstration dans son Plan d’action 2035.
La société d’État prévoit ajouter plus de 10 000 MW de capacité éolienne. Pourtant, lorsqu’il est question de répondre aux besoins de puissance du réseau, Hydro-Québec estime que ce gigantesque développement ne permettra de combler qu’environ 1 500 à 1 700 MW.
Pourquoi?
Parce que le vent ne souffle pas sur commande.
Hydro-Québec l’écrit explicitement : en raison du caractère intermittent de l’éolien, sa contribution aux besoins de puissance est estimée à environ 15 % de sa capacité installée selon les exigences réglementaires utilisées dans sa planification.
Voilà une nuance essentielle derrière les annonces spectaculaires de milliers de mégawatts.
Une éolienne peut produire énormément d’énergie sur une année et être parfaitement utile au réseau. Mais elle ne constitue pas nécessairement 1 MW de puissance garantie lorsqu’arrive une pointe de consommation par un matin glacial de janvier.
Le Québec possède heureusement un avantage considérable que beaucoup d’autres juridictions n’ont pas : ses immenses réservoirs hydroélectriques peuvent agir en quelque sorte comme des batteries. Lorsqu’il vente, Hydro-Québec peut réduire certaines productions hydrauliques et conserver davantage d’eau; lorsque le vent tombe, les centrales peuvent reprendre le relais.
C’est précisément ce qui rend l’éolien particulièrement intéressant ici.
Mais cette complémentarité est également un aveu : l’éolien ne suffit pas à lui seul. Il fonctionne aussi bien au Québec parce qu’un immense système hydroélectrique pilotable existe déjà derrière lui.
Et le problème devient plus important à mesure que l’on multiplie les installations intermittentes. Il faut raccorder des parcs dispersés sur le territoire, construire ou renforcer des lignes de transport, maintenir suffisamment de puissance disponible ailleurs et parfois recourir au stockage.
Hydro-Québec prévoit d’ailleurs investir 45 à 50 milliards de dollars uniquement dans le renforcement du réseau de transport et le raccordement des nouvelles installations au cours de la prochaine décennie.
Le prix d’une énergie ne se résume donc pas au coût d’une turbine.
Le solaire possède le même défaut sous une autre forme
Le solaire est souvent présenté comme la prochaine étape logique : les panneaux deviennent moins chers, sont relativement rapides à installer et ne comportent pratiquement aucune pièce mécanique en mouvement.
Hydro-Québec vise maintenant jusqu’à 3 000 MW de solaire d’ici 2035.
Mais le problème physique demeure exactement le même : une centrale solaire produit lorsque le soleil le permet, pas nécessairement lorsque le réseau a besoin de puissance.
Et dans le cas québécois, l’inadéquation est particulièrement évidente.
Nos plus fortes pointes de consommation se produisent généralement durant les froids hivernaux, notamment le matin et en début de soirée. Le soleil, lui, produit évidemment très peu ou plus du tout pendant une bonne partie de ces périodes.
Hydro-Québec le reconnaît elle-même dans son outil consacré au bouquet énergétique : les cycles d’ensoleillement québécois ne correspondent pas aux pointes de consommation du matin et du soir, ce qui rend souhaitable l’ajout de batteries afin de déplacer une partie de la production — avec les coûts supplémentaires que cela entraîne.
Puis vient encore la question de l’espace.
Hydro-Québec donne elle-même quelques exemples instructifs. Sa centrale solaire Gabrielle-Bodis, à La Prairie, occupe une superficie équivalant à environ 28 terrains de football et produit 13 GWh annuellement. Celle de Varennes occupe l’équivalent d’une dizaine de terrains de football pour une production annuelle de 2,6 GWh. Ces installations expérimentales ne permettent évidemment pas d’extrapoler mécaniquement la superficie de tous les futurs projets, mais elles illustrent bien une réalité fondamentale : produire de grandes quantités d’énergie à partir d’une ressource diffuse exige beaucoup de surface.
Les panneaux solaires installés sur des toitures, des stationnements ou des terrains déjà artificialisés permettent en partie d’éviter ce problème. De grands parcs construits sur des espaces naturels ou productifs, beaucoup moins.
Il n’existe pas d’énergie sans conséquence
C’est peut-être là que le débat québécois doit devenir plus mature.
Un barrage hydroélectrique inonde des territoires immenses. Une centrale nucléaire exige des infrastructures imposantes et la gestion de matières radioactives. Le gaz naturel émet des gaz à effet de serre. Les lignes électriques traversent des paysages. Une éolienne exige du béton, de l’acier, des chemins d’accès et de vastes corridors territoriaux. Les panneaux solaires occupent des surfaces considérables lorsque leur déploiement devient industriel.
Il n’existe aucune source d’énergie moderne sans coût ni compromis.
L’éolien possède de véritables qualités. Il émet très peu de GES durant son exploitation, peut être construit relativement rapidement et se marie particulièrement bien avec les réservoirs hydroélectriques québécois. Le solaire peut quant à lui être extrêmement intéressant en production décentralisée et réduire certaines charges du réseau.
Le problème commence lorsqu’une technologie passe du statut d’outil à celui de solution idéologique universelle.
Le Québec prévoit désormais construire certains des plus grands parcs éoliens d’Amérique du Nord, ajouter des milliers de mégawatts de solaire, moderniser ses barrages, développer de nouvelles centrales, renforcer massivement son réseau de transport et éventuellement recourir davantage au stockage.
Ce n’est plus une petite transition énergétique abstraite. C’est une transformation physique du territoire québécois.
Dans ce contexte, demander si toutes les zones agricoles, forestières ou habitées doivent être ouvertes aux promoteurs n’a rien d’une opposition à l’électricité propre. Demander si 10 000 MW intermittents constituent le meilleur emploi possible de dizaines de milliards de dollars n’est pas davantage un rejet de l’éolien.
Ce sont précisément les questions qu’une politique énergétique sérieuse devrait poser.
L’avenir énergétique du Québec passera probablement par davantage d’éolien et un peu plus de solaire. Mais il devra aussi passer par l’hydroélectricité pilotable, l’efficacité énergétique, le stockage, la gestion de la pointe et un débat ouvert sur les autres moyens de produire de la puissance fiable.
Car au bout du compte, le réseau électrique ne fonctionne ni aux slogans ni à la couleur attribuée à une technologie.
Il fonctionne avec des mégawatts réellement disponibles au moment où les Québécois en ont besoin.


2 week_ago
68



























.jpg)






French (CA)