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Sera-t-il bientôt possible de dormir sans appareil quand on souffre d'apnée du sommeil ? C'est ce que suggèrent les résultats d'un vaste essai clinique de phase 3 mené par des chercheurs de l'université de Pittsburgh aux États-Unis.
Publiés dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, les résultats montrent que le médicament testé, appelé AD109, permettrait de réduire drastiquement le nombre d'arrêts respiratoires... sans recourir à une machine a pression positive continue (PPC) !
Quelles sont les causes et les conséquences de l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil ou Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (Sahos) touche 4 % de la population en France. Huit patients sur dix ne seraient pas diagnostiqués et ce chiffre serait encore plus élevé dans la population féminine. L’apnée du sommeil peut avoir de graves conséquences sur la santé et affecter votre qualité de vie. Comment se définit-elle ? Quels sont les symptômes, les causes et les conséquences de cette pathologie ?... Lire la suite
Le syndrome d'apnées du sommeil - on parle désormais de syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (ou SAHOS) - se produit quand le pharynx se ferme de manière répétée au cours du sommeil. Les dormeurs font ainsi des pauses respiratoires ou présentent une diminution du débit respiratoire qui vont perturber la vie quotidienne (ronflements, fatigue, somnolence, difficultés de concentration, pertes de mémoire, irritabilité...) et augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, d'obésité, d'hypertension, de diabète de type 2 et de décès prématuré. Selon l'Inserm, c'est un trouble dont la fréquence augmente avec l'âge et toucherait 30,5 % des personnes de plus de 65 ans.
Quand on ne supporte pas les appareils…
La prise en charge consiste à équiper les personnes qui font des apnées de machines (PPC) capables de maintenir les voies respiratoires du patient bien ouvertes. Malheureusement, certaines personnes ne les supportent pas.
Apnée du sommeil : 80 % des personnes concernées l’ignoreraient, et ce médicament poserait problème
Dormir plus longtemps, se réveiller moins souvent, et pourtant conduire nettement moins bien le lendemain matin. Un essai clinique australien met en évidence un décalage inquiétant entre la qualité de sommeil ressentie et les performances réelles. Le plus préoccupant : certains participants ne se sentaient pas particulièrement somnolents.... Lire la suite
Des alternatives aux machines peuvent être proposées (orthèses d'avancée mandibulaire, implant sous-cutané stimulant le nerf de la langue, chirurgie visant à stabiliser la base de la langue dans le pharynx, ceintures ou t-shirts vibrant pour inciter à dormir sur le côté...), mais elles présentent un certain nombre de limites qui expliquent en partie que de nombreux patients souffrant d'apnée restent sans prise en charge, malgré les risques pour leur santé.
C'est pour cette dernière raison que l'arrivée d'un traitement médicamenteux est particulièrement enthousiasmante.
L'AD109 est une association de deux molécules - appelées aroxybutynin et atomoxetine - ciblant les dysfonctionnements neuromusculaires à l'origine de l'affaissement des voies respiratoires pendant le sommeil. Les chercheurs ont comparé l'effet de ce traitement à celui d'un placebo chez 646 personnes âgées de 58 ans en moyenne recrutées dans 69 centres hospitaliers aux États-Unis et au Canada.
Pour tous ceux qui ne supportent pas de porter une machine à pression positive continue la nuit, ces résultats sont une excellente nouvelle. © sbw19, Adobe Stock
Une diminution de 44 % des épisodes d’arrêts respiratoires
Mené en double aveugle, l'essai clinique de 6 mois montre que la prise une fois par jour, le soir, de cette molécule permet de réduire les interruptions respiratoires de 44 %, tout en améliorant les taux d'oxygène et en réduisant la gravité de la maladie. Plus de 40 % des participants qui avaient reçu le traitement ont ainsi vu leur état s'améliorer suffisamment pour passer à une catégorie de gravité inférieure, tandis que 18 % ont obtenu une maîtrise totale de la maladie.
Des scientifiques identifient comment l’apnée du sommeil provoque des maladies cardiovasculaires
La privation répétée d’oxygène chez les personnes souffrant d'apnée du sommeil est associée à des problèmes de santé, dont les maladies cardiovasculaires. Des chercheurs ont analysé les caractéristiques physiologiques à l’origine du risque.... Lire la suite
Chez eux, l'indice d'apnées-hypopnées (IAH) -- qui mesure le nombre d'interruptions respiratoires par heure -- a diminué d'environ 44 %, alors que la réduction n'était que de 18 % chez les participants ayant reçu un placebo.
Pour les chercheurs, l'AD109 constitue une nouvelle option très prometteuse pour les personnes ne supportant pas la PPC.
« Ces résultats apportent la preuve encourageante que le ciblage du dysfonctionnement neuromusculaire peut se traduire par des résultats cliniques significatifs, en cohérence avec notre compréhension croissante de la biologie de la maladie », a déclaré le Dr Patrick John Strollo, spécialiste en médecine du sommeil au centre médical de l'université de Pittsburgh et premier auteur de l'étude. L'AD109 pourrait ainsi offrir une option facile à mettre en place aux patients qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas utiliser la PPC.


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