Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Antigone ou Ismène ?

3 month_ago 24

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

J’adore les essais qui revisitent des classiques de la littérature afin d’éclairer les enjeux du temps présent. Les classiques sont vivants parce qu’ils parlent brillamment de la condition humaine. On ne les lit pas pour vivre dans le passé ; on les lit parce qu’ils parlent de nous mieux que nous ne saurions le faire. « Un classique, écrit Italo Calvino, est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire. » Quand une œuvre de ce type trouve un interprète à sa hauteur, le résultat est éblouissant.

La philosophe Cécile Gagnon est une de ces précieuses interprètes. Dans Antigone est-elle un homme ? (Nota Bene, 2026, 156 pages), elle relit avec une remarquable finesse la tragédie de Sophocle (495-406 av. J.-C.) pour en tirer des considérations morales à partir d’un angle féministe. Sa réflexion brille par sa densité, son intelligence, sa sensibilité et son sens de la nuance. Ce petit livre est un grand essai.

« Tout le monde aime Antigone, note Gagnon pour lancer sa réflexion. C’est une femme forte qui défie l’autorité. Elle est prête à mourir pour ses valeurs […]. » Il est vrai que le personnage impressionne. Rebelle, amoureuse et courageuse, Antigone incarne le refus de ce qui blesse l’humanité. Toutes les personnes qui ont en horreur l’arbitraire souvent cruel du pouvoir ne peuvent qu’être attendries par cette jeune femme héroïque.

À Thèbes, après la mort d’Œdipe, ses deux fils, Étéocle et Polynice, s’entendent pour exercer le pouvoir en alternance. Étéocle s’installe d’abord sur le trône, mais refuse, le moment venu, de céder sa place à son frère. Polynice décide d’attaquer Thèbes, et les deux frères trouvent la mort dans un duel. Créon, leur oncle, devient roi. Il accorde des funérailles à Étéocle, mais les refuse à Polynice, qu’il accuse de traîtrise et condamne à pourrir sans sépulture, en interdisant à tous de contrevenir à son ordre.

Scandalisée par cet affront à la loi des dieux, Antigone, sœur des deux morts, décide d’enterrer son frère, malgré les appels à la prudence d’Ismène, l’autre sœur. Créon tente de l’en dissuader, mais, devant son entêtement, la condamne à être enfermée vivante dans un tombeau. S’ensuivent les morts d’Antigone, d’Hémon, son amoureux et fils de Créon, et d’Eurydice, femme du roi et mère d’Hémon.

Gagnon, comme nous tous, a d’abord vu Antigone comme une héroïne féministe. Plus tard, cependant, son regard sur le personnage a changé. Elle lui trouvait « une forme d’arrogance ». « Lasse, écrit-elle, je réalisais que toutes les vertus qu’on accolait à Antigone étaient des qualités traditionnellement masculines. » Pour la féministe qu’elle est, cette découverte n’allait pas sans malaise.

Antigone, en effet, est ambivalente. Elle se révolte contre l’autorité patriarcale du roi pour avoir le droit d’accomplir un devoir familial, un sacrifice typiquement féminin. Par ailleurs, son intransigeance, sa défense des principes au mépris des conséquences, s’apparente à un rejet des attitudes considérées comme féminines, laissant ainsi entendre que ces dernières seraient inférieures. « L’Antigone de Sophocle, écrit Gagnon, est une femme forte écrite par un homme. »

C’est la raison pour laquelle la philosophe affirme, de façon surprenante, lui préférer sa sœur Ismène, notamment dans la version qu’en offre la dramaturge Carole Fréchette. Ce personnage met Antigone en garde en lui rappelant qu’elles ne sont « que des femmes » et que « les gestes vains sont des sottises ». On a donc souvent vu Ismène comme une figure de « la faiblesse des femmes ». Elle serait pusillanime, comme une femme, alors qu’Antigone serait ambitieuse, comme un homme.

Tout le génie de Gagnon consiste à faire d’Ismène une incarnation de l’éthique du care, ou de la sollicitude, « par sa recherche de compromis, sa prudence et sa capacité à resituer un conflit dans un contexte politique ». Cette éthique, qu’on doit à des théoriciennes féministes comme Carol Gilligan et Joan Tronto, est une philosophie qui repose sur la reconnaissance du fait que la vulnérabilité et la dépendance sont des « conditions inhérentes à l’existence humaine ».

Cela entraîne un mode de réflexion morale non pas axé sur de grands principes absolus, mais sur le souci de préserver la vie, les relations interpersonnelles et l’autonomie de chacun, en tenant compte des contextes particuliers.

Pensée par des féministes, cette éthique n’est pas une morale de femmes dans un sens essentialiste. C’est « la morale des opprimées », écrit Gagnon, issue de la compréhension du monde de celles et ceux que les rapports de pouvoir réduisent à un statut de subalternes.

La parole d’Ismène fait moins de tapage que celle d’Antigone, mais elle résiste, elle aussi, à l’injustice, en faisant moins de dégâts. Gagnon l’associe à une « subversion diaphane ». C’est magnifique.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway