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Le bras de fer entre Anthropic et le Pentagone se durcit après la publication d’un billet de blog refusant de lever certaines restrictions d’usage de Claude. Le Department of War exige une autorisation d’emploi sans limites d’ici le 27 février à 17h01, sous peine de lourdes sanctions.
Anthropic a jusqu’à 17h01 ce 27 février, heure de la côte est de l’Amérique du Nord, pour permettre au Pentagone d’utiliser son intelligence artificielle (IA) à « toutes fins légales » sous peine de voir son contrat avec le ministère américain de la Défense annulé, voire pire : d’être qualifiée de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » des États-Unis. L’entreprise a pourtant confirmé qu’elle ne comptait pas céder aux pressions du Department of War dans un billet de blog publié la veille.
Les lignes rouges
Si Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, dit croire « profondément à l’importance existentielle de l’utilisation de l’IA pour défendre les États-Unis et les autres démocraties », il estime que dans certains cas, « l’IA peut saper, plutôt que défendre, les valeurs démocratiques ».
Le businessman avance que « la surveillance de masse pilotée par l’IA présente des risques graves et inédits pour nos libertés fondamentales » et précise qu’une « IA puissante permet de rassembler des données éparses et individuellement anodines en un portrait complet de la vie de chaque individu, de manière automatique et à grande échelle ».
Votre vie privée doit rester privée.
Face aux cyberattaques, déjouez les pronostics. Les nouvelles arnaques sont plus complexes et plus sophistiquées, alors ne devenez pas une victime de plus, il existe des solutions performantes et accessibles.
Il refuse donc de lever ses restrictions sur cet aspect, tout comme sur les armes autonomes, car pour l’heure, « les systèmes d’IA de pointe ne sont tout simplement pas assez fiables » pour les alimenter, bien qu’elles puissent s’avérer cruciales pour la défense américaine, poursuit Dario Amodei.
Anthropic is lying. The @DeptofWar doesn’t do mass surveillance as that is already illegal. What we are talking about is allowing our warfighters to use AI without having to call @DarioAmodei for permission to shoot down an enemy drone swarms that would kill Americans. #CallDario https://t.co/43PpyvCVzN
— Under Secretary of War Emil Michael (@USWREMichael) February 27, 2026 Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Twitter.
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Escalade verbale
La réaction du côté du quartier général du Département de la Guerre ne s’est pas fait attendre puisque le sous-secrétaire du Pentagone à la Recherche et à l’Ingénierie a publié un message vindicatif sur le réseau social X peu après la parution du billet du chef d’Anthropic. « Il est regrettable que @DarioAmodei soit un menteur et se prenne pour Dieu. Il ne souhaite rien d’autre que de contrôler personnellement l’armée américaine et n’hésite pas à mettre en péril la sécurité de notre nation. Le @DeptofWar respectera TOUJOURS la loi et ne se pliera jamais aux caprices d’une quelconque entreprise technologique à but lucratif » s’est indigné Emil Michael.
Les salariés d’Anthropic ont de leur côté soutenu massivement leur employeur, à l’exemple de Gian Segato, data scientist qui a déclaré sur X : « L’histoire se déroule sous nos yeux, il est désormais évident pour tous ceux qui ont des yeux de voir pourquoi la création d’Anthropic a constitué un tournant crucial dans la chronologie, et à quel point le scénario alternatif aurait été catastrophique ».
history is unfolding in front of us
it's now obvious and evident to everyone with eyes to see why anthropic founding was a crucial fork in the timeline, and how catastrophic the counterfactual would've been otherwise
still surprising though how fast it took to reach this point https://t.co/2ZluiCpobO
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Anthropic, bientôt blacklistée ?
Ces propos font suite à la convocation de Dario Amodei au Pentagone le 24 février visant à revoir les conditions d’utilisation de Claude par le DoW. Le ministère américain de la Défense à l’issue de la rencontre a donné 72 heures à Anthropic pour lever toutes ses restrictions dans le cadre militaire sous peine de voir son contrat de 200 millions de dollars avec l’administration signé en 2025 rompu.
La société risque surtout d’être classée comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement », lui empêchant de travailler avec des entreprises partenaires de l’armée américaine. Le Department of War pourrait par ailleurs enclencher une loi de 1950 pour forcer l’entreprise à céder, option moins probable, bien que Claude reste pour l’instant le seul modèle exploité dans le réseau classifié de l’US Army. Affaire à suivre.
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