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Anne Sicard : «Contre l’entrisme islamiste local, il faut interdire le voile au conseil municipal»

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Après la polémique née de la présence d’élues LFI voilées lors des conseils municipaux d’installation, la députée Identité Libertés (apparentée RN) annonce avoir déposé une proposition de loi pour interdire le port du voile et de signes religieux dans les conseils d’élus locaux et régionaux.

Anne Sicard est députée Identité Libertés (apparentée RN) de la 1re circonscription du Val-d’Oise. 


« Qu’est-ce que porter le voile si ce n’est s’infliger un stigmate ? Quelqu’un qui participe à une élection doit représenter tout le monde et pas seulement ceux dont il partage les convictions religieuses. » Il y a seize ans, cette phrase, d’une acerbité laïque sans équivoque, a été prononcée par Jean-Luc Mélenchon alors qu’il admonestait le Nouveau parti anticapitaliste, coupable d’avoir présenté une candidate voilée pour les élections régionales de 2010.

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Il faut rappeler qu’à cette époque, la démarche d’Ilham Moussaïd, la candidate du parti trotskiste faisait presque l’unanimité contre elle à gauche : des militantes féministes du NPA, jusqu’à la députée socialiste Aurélie Filippetti, en passant par la secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet, toutes avaient vigoureusement condamné l’investiture de cette jeune femme transformée en « objet de campagne » par le NPA.

Mais les récriminations et les appels au « sursaut laïc et républicain » sont restés sans effet législatif, laissant le Conseil d’État trancher en faveur du voile au nom de la liberté religieuse. Premier test réussi pour les tenants du rigorisme islamiste qui n’imaginaient pas que les défenses immunitaires de la France tomberaient les unes après les autres au point que, seulement seize années plus tard, à l’issue des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, le parti de Jean-Luc Mélenchon ferait élire plusieurs femmes voilées dans les conseils municipaux.

Ainsi à Meaux, une nouvelle conseillère municipale d’opposition LFI, a arboré le voile islamique pendant la séance d’installation du conseil municipal sans que l’édile de la ville, un certain Jean-François Copé, ne trouve rien à redire. Le même phénomène a été constaté à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, avec l’élection d’une adjointe au maire proche du nouveau et sulfureux maire LFI, Aly Diouara.

Ce prosélytisme islamiste fait figure de nouveau test grandeur nature pour les institutions de la République française.

Anne Sicard

À Chalon-sur-Saône, deux élus d’opposition de la France insoumise, dont une portant le voile et militant dans un groupuscule communautaire qui se présente comme « un syndicat de femmes musulmanes », ont attaqué devant le tribunal administratif de Dijon, un arrêté municipal du 14 janvier 2026 qui interdisait le port de signes religieux ostensibles au conseil municipal.

Leur demande a été rejetée par le juge des référés du tribunal administratif de Dijon mais il est à craindre que l’arrêté municipal pris par le maire de Chalon-sur-Saône soit finalement suspendu en appel, par le Conseil d’État, car aucune disposition législative n’impose expressément à un élu de respecter le principe de neutralité religieuse lorsqu’il participe aux réunions d’un organe délibérant.

À lire aussi À Chalon-sur-Saône, la justice rejette la requête d’une nouvelle élue LFI, qui voulait venir voilée au conseil municipal

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C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé le tribunal administratif de Grenoble qui, par un jugement du 7 juin 2024, a annulé des dispositions d’un règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Voiron qui interdisait aux membres du conseil municipal, de porter une tenue vestimentaire manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.

Ce prosélytisme islamiste fait figure de nouveau test grandeur nature pour les institutions de la République française. D’abord, les dispositions relatives au statut de l’élu local ne précisent pas si une adjointe au maire ou une conseillère déléguée peut arborer le voile islamique lorsqu’elle assume des fonctions d’officier d’état civil ou de police judiciaire. Ce flou juridique ébranle le principe de neutralité religieuse qui s’impose pourtant à tout agent public.

Sans une réaction implacable du législateur, demain, une élue municipale, une adjointe ou une maire voilée pourrait par exemple, participer à un conseil municipal, célébrer un mariage ou présider une commémoration du 11 novembre et l’État ou le maire serait bien en peine de l’en empêcher ou de la sanctionner.

Pour tuer dans l’œuf ces dérives communautaires, le bureau de l’Assemblée nationale a montré la voie en 2018 en interdisant expressément à ses députés et ses collaborateurs le port, en séance, de signes religieux ostensibles. Désormais, il faut aller plus loin et étendre cette interdiction à l’ensemble des élus locaux dès lors qu’ils siègent dans un conseil municipal, départemental ou régional. C’est le sens de cette proposition de loi que j’ai déposée à l’Assemblée nationale. Une telle interdiction aurait le mérite d’ériger une digue étanche contre l’entrisme islamiste qui tente de sévir dans certaines collectivités. Elle rappellerait avec force que la France de toujours, libre et fière, refuse de capituler face aux instigateurs de la subversion islamiste de nos institutions républicaines.

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