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Je me souviens du livre-mémoire de Georges Pérec, le bien nommé Je me souviens, qui égrenait… des souvenirs.
Eh bien qu’il me soit permis de me souvenir, moi aussi, de deux ou trois choses que je sais des Gilets jaunes, dont j’ai suivi et partagé un peu le destin depuis novembre 2018 jusqu’à sa destruction par les forces obscures et stériles de l’ultragauche, en service commandé par le pouvoir. Mes plus « vieux » lecteurs s’en souviennent peut-être eux aussi, peut-être, puisque je rendais compte ici même, et régulièrement, de cette expérience.
Ainsi, je me souviens par exemple d’hommes d’Église battant les pavés de Paris aux côtés d’un peuple portant la Croix autour du cou, comme un symbole de leur foi sincère, mais aussi et surtout d’une identité. Je me souviens encore de ces drapeaux régionaux qui flottaient parmi les drapeaux nationaux, et dans lesquels certains idiots spécialistes voyaient un royalisme exacerbé et bien entendu de l’extrême droite. Ces mêmes spécialistes ignoraient donc ou feignaient d’ignorer que la fleur de lys de nos rois se trouvait historiquement et depuis des siècles sur ces oriflammes des terres oubliées, désignées comme une diagonale du vide. Parce que tout ce qui n’est pas progressiste est vide, pour ces gens-là.
À l’époque, nous chantions tous La Marseillaise et défendions dans le même temps nos traditions. Nombreux n’avouaient pas mais proclamaient ouvertement qu’ils votaient pour le Rassemblement national, le seul parti à ne pas nous avoir injuriés avant de nous récupérer toute honte bue jusqu’à la lie. Il y avait aussi des militaires – arborant, pour certains, leurs décorations obtenues ailleurs que sur un terrain de foot ou dans un ministère ! –, venus soutenir un mouvement dans lequel ils se reconnaissaient.
C’était la France d’en bas, la France profonde, la France sans dents, la France tout entière, authentique, charnelle, qui criait comme crient les oubliés. Puis vinrent les manigances ignobles d’un pouvoir apatride, infligeant d’abord une répression comme jamais depuis des décennies. Car même de Gaulle n’usa pas de cette violence d’État en face des petits bourgeois de Mai 68. Mais cela ne suffit pas, alors Macron et ses sbires employèrent une tactique vieille comme l’Antique : la destruction de l’intérieur d’un mouvement qui leur échappait, aidés par les milices d’ultragauche remerciées ensuite par une autorisation de tout ravager et même de tuer. Sauf que la bête sauvage est devenue imprévisible depuis.
Sinon, à titre d’exemple du traitement réservé au peuple réel par rapport à l’engeance ultragauchiste, j’ai pris cette photo place de l’Étoile, à Paris, en février 2019. J’ai assisté à toute la scène et je peux affirmer, aujourd’hui encore, que l’homme n’avait ni provoqué les forces de « l’ordre » ni jeté quoi que ce soit dans leur direction. À l’inverse, les petites racailles des récentes émeutes pseudo-lycéennes n’ont reçu que des gouttelettes :

Aujourd’hui, d’anciennes figure des Gilets jaunes – proclamées non par elles-mêmes mais par des opportunistes croyant les récupérer elles aussi et les contenir, ce qui réussit pour quelques-unes d’entre elles mais pas toutes – ressurgissent. Les temps ont malheureusement changé et, il faut le craindre, les authentiques Gilets jaunes ne ressusciteront plus. Ces Gilets jaunes qui demandaient le secours de la Vierge un jour et manifestaient un autre jour. Ce sont désormais les LFI et leur horde qui dirigeront les opérations, autrement dit des défenseurs de l’islam, de l’immigrationnisme, du wokisme en général, tous ces fléaux qui entendent brûler la France d’avant.
C’est pourquoi je ne crois pas, ce samedi, au sursaut national et identitaire des Gilets jaunes historiques tel que j’ai pu le voir jadis aux premières de cette révolte populaire. J’en veux pour preuve les appels violents à manifester issus de voix diversitaires, bouffies de haine de la France et, osons le dire, des Blancs.
Enfin, à ceux qui croient encore, malgré tout, en Notre Nation et veulent la défendre, gardez-vous des faux amis et vrais ennemis de votre cause. Manifestez, d’accord, mais pas à leurs côtés : ce sont des démons qui ne désirent rien tant que plonger la France dans les ténèbres.
Non, Monsieur Fernand Braudel, la France ne se nomme pas diversité, elle s’appelle unité, et cette unité n’est possible qu’entre gens qui l’aiment. Et la plupart de ceux qui vont manifester ce samedi 17 octobre ne l’aiment pas…
Charles Demassieux
(Photos : Charles Demassieux)





























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