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Le mécanisme central de la maladie d'Alzheimer est connu depuis longtemps. Une protéine, la bêta-amyloïde, s'accumule anormalement en plaques dans le cerveau, détruit les cellules nerveuses et rompt progressivement les connexions entre régions cérébrales, ce qui entraîne le déclin des fonctions cognitives. L'origine de cette accumulation restait en revanche obscure. Des travaux publiés en juillet dans la revue Brain Communications proposent une réponse.
Une graine à l'origine des plaques
Des chercheurs du Centre national de neurologie et de psychiatrie, au Japon, affirment avoir identifié le phénomène déclencheur. Ils décrivent une sorte de petite graine sur laquelle les protéines toxiques viennent s'agréger lentement, jusqu'à former les plaques caractéristiques de la maladie. Ce germe a reçu le nom de Peak 1 bêta-amyloïde.
La démarche a commencé sur des souris génétiquement modifiées pour produire davantage de protéines toxiques dans leur cerveau. Le résultat a livré une information inattendue : toutes n'ont pas développé d'accumulation anormale, et toutes n'ont pas présenté de trouble cognitif.
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Cette variabilité a servi de point d'appui. En comparant les animaux touchés à ceux qui ne l'étaient pas, l'équipe a repéré chez les premiers la présence de ce germe particulier, associé à la formation des plaques.
Restait à vérifier la pertinence de cette observation chez l'humain. Les chercheurs ont examiné le cerveau de personnes décédées atteintes de la maladie, et y ont retrouvé la même substance. C'est cette convergence qui leur a permis de conclure au rôle central de ce germe dans l'apparition de la pathologie.
À l'origine de la maladie d'Alzheimer, une petite graine sur laquelle s'agrègent les plaques de bêta-amyloïde, responsables du déclin cognitif. © fabioderby, iStock
Un déplacement de cible thérapeutique
L'intérêt de cette piste tient à ce qu'elle change l'objectif visé. Les traitements actuellement administrés aux patients cherchent avant tout à éliminer ou à réduire les plaques déjà formées. L'identification d'un point de départ ouvre la possibilité d'intervenir en amont, en bloquant l'apparition du germe pour empêcher l'agrégation de se mettre en route.
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Autrement dit, une logique de prévention plutôt que de ralentissement des symptômes. Rien ne changera toutefois à court terme pour les malades : ces résultats définissent une direction de recherche, ils ne constituent pas un traitement. Aucun candidat médicament n'est à ce stade en développement sur cette cible, et le passage du modèle animal à l'humain reste l'étape la plus incertaine de ce type de démarche.
Un enjeu majeur au Japon
Le contexte national donne à ces travaux un relief particulier. Avec un vieillissement accéléré de sa population, le Japon compte déjà près de cinq millions de personnes vivant avec une forme de démence.


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