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«Alysa Liu, l’héroïne de la Génération Z qui montre qu’on peut réussir sa vie sans la sacrifier»

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Championne olympique à 20 ans, la patineuse Alysa Liu incarne une autre image de la génération Z. Une jeunesse ambitieuse, mais décidée à travailler autrement que ses aînés, pointe l’analyste opinion à l’observatoire Hexagone.

Elle glisse sans efforts sur la patinoire des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, avec son sourire persistant et sa mise en scène percutante. L’américaine Alysa Liu vient de remporter la médaille d’or en patinage artistique, pulvérisant, du haut de ses 20 ans, l’image d’une jeunesse déprimée. La championne porte un discours plein d’espoir pour les membres de sa génération : l’effort et l’adversité sont nécessaires pour grandir et pour atteindre le bonheur. Ce message a touché des millions de jeunes sur les réseaux sociaux.

Réputé pour favoriser les contenus déprimants et mélancoliques, TikTok a connu une faille dans son algorithme ces derniers jours : la vidéo d’Alysa Liu au gala de clôture a dépassé les 10 millions de vues ! S’y ajoutent des centaines de montages à la gloire de la patineuse, partageant son sourire, son énergie et ses discours remplis d’optimisme et de confiance en soi.

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Alysa Liu aurait pourtant pu rester la représentante du mal-être qui ronge sa génération, les «zoomers», ces jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. Une génération marquée par des pathologies liées à la santé mentale, comme la dépression, qui toucherait près d’un quart des jeunes Français, selon les instituts Montaigne et Terram. Aux États-Unis, le phénomène serait encore plus large : l’enquête Youth Risk Behavior Survey de 2021 a révélé que plus de 42 % des lycéens ont éprouvé des sentiments persistants de tristesse. Alysa Liu a été directement touchée par ce phénomène. La patineuse avait mis fin à sa carrière à 16 ans, juste après la crise du covid. Elle voulait se consacrer à sa vie d’adolescente, en dehors des contraintes de la vie de championne qu’elle menait déjà.

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«Bouffée d’air frais»

Son retour sur la glace en 2022 illustre une forme de résilience rarement mise en avant chez les jeunes. Son parcours a touché toute une génération : «c’est CETTE fille», peut-on lire en commentaire de ses publications, façon de célébrer la singularité et le modèle porté par Liu. Ou encore : «La génération Z va sauver la planète».

Les interviews données par Alysa Liu permettent aux jeunes de s’identifier à une personnalité de leur âge exprimant une maturité à rebours de la réputation d’une génération Z peu courageuse et rétive à l’effort. La patineuse parle de l’importance de donner le meilleur de soi-même, sans jamais exprimer son désir de médaille. Elle a apporté la «bouffée d’air frais» qu’attendaient certains jeunes, très attachés à leur santé mentale et rassurés de constater que l’on peut réussir dans la vie sans la sacrifier.

La question de l’effort et du travail nécessaires pour exprimer cette ambition n’est pas absente de son discours. Alysa Liu a déjà rejeté le patinage artistique comme «travail», comme l’a prouvé sa première retraite. Son sport était devenu une obligation portée par son père. Son retour s’est fait sur des bases plus saines : le plaisir de patiner et la volonté de partager avec le reste du monde son talent, sa passion et son art. Une mission qu’elle réalise désormais en ayant éloigné son père des entraînements.

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Discours positif sur le travail

Dans une interview donnée avant sa victoire, elle affirme qu’elle aime la difficulté : «cela me fait me sentir vivante», tout en rappelant qu’elle avait adoré sa retraite, et toutes les erreurs qu’elle avait pu faire. Là encore, le message plaît aux jeunes qui n’ont pas abandonné leurs ambitions. Cette génération espère pouvoir évoluer dans un monde professionnel délesté de ses aspects les plus pénibles : pression injustifiée, stress permanent, malveillance pesante et harcèlement.

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En avril dernier, l’institut Montaigne montrait à quel point la passion restait en tête des motivations professionnelles des moins de 30 ans, alliée à une volonté de travailler plus pour gagner plus, et à l’idée quasi-unanime qu’ils continueraient à travailler même s’ils n’en avaient plus besoin financièrement.

Loin des stars pop ou des figures écologistes, une patineuse est venue offrir à la jeunesse occidentale une représentation proche de l’image qu’elle a d’elle-même : tout sauf une jeunesse oisive. La popularité de son expression artistique, la confiance qu’elle dégage et son discours positif sur le travail redonnent espoir à une partie de la génération Z. Elle est la preuve que l’on peut réaliser ses ambitions grâce à ses efforts, tout en imposant certaines conditions. Dans un monde occidental vieillissant où la jeunesse occupe une place de plus en plus minoritaire, la génération Z pourrait imposer un rapport de force intéressant : une renégociation du contrat intergénérationnel à son avantage, pour imposer ses valeurs au reste de la société.

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