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LA BATAILLE DES IDÉES - Alors que l’affaire Thélyson Orélien bouleverse le monde des lettres, le septième art pourrait lui aussi connaître une crise existentielle liée à l’IA.
Il fait plein soleil sur les Champs-Élysées, et pourtant on y danse sous la pluie. Au Lido, Robert Carsen ressuscite Singin’ in the Rain dans un déluge de claquettes et d’images projetées. Sur scène, la magie du film de 1952 opère de nouveau, intacte. Mais on en sort avec une mélancolie diffuse, qui était déjà là, tapie sous le parapluie de Gene Kelly.
Une révolution semblable à l’arrivée du cinéma parlant ?
Car la comédie musicale la plus euphorisante du septième art raconte la fin d’un monde. Hollywood, 1927 : le parlant tue le muet. Chez Stanley Donen, le changement est burlesque : c’est la voix de crécelle de la star, Lina Lamont, qu’on double en cachette. Dans la réalité, il fut tragique. Les poètes du silence furent congédiés, et avec eux un art de la pantomime, un cinéma entièrement fondé sur l’image. Buster Keaton, l’homme qui ne souriait jamais, perdit sa liberté à la MGM, puis sa place, puis presque tout.
Cette destruction fut pourtant créatrice. Chaplin, qui réussit la transition, enfanta Le Dictateur. Le parlant révéla Hitchcock…


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