NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Life 08/06/2026 12:57 Actualisé le 08/06/2026 13:36
BILLET
L’Allemand a remporté son premier tournoi du Grand Chelem le 7 juin. Une victoire au goût amer, le joueur ayant été accusé par deux anciennes compagnes de violences conjugales.
Par Aïda Djoupa et Loïse Delacotte

Tim Clayton / Getty Images
Alexander Zverev après sa victoire sur Flavio Cobolli à Roland Garros le 7 juin 2026.
Jeu, set, match... et trophée. Après 4h17 de jeu et cinq sets, Alexandrer Zverev s’est imposé le dimanche 7 juin face à l’Italien Flavio Cobolli en finale de Roland Garros. Le champion allemand de 29 ans s’est immédiatement effondré sur la terre battue du court Philippe-Chatrier, en sanglots. Quelques minutes plus tard, il soulevait la coupe des Mousquetaires face aux 15 000 spectateurs et aux caméras.
Nous n’avons pas pu partager l’émotion d’Alexander Zverev, surnommé Sasha, dans ce tournant de sa carrière, sa toute première victoire en Grand Chelem. Plus encore, assister, comme des centaines de milliers de téléspectateurs, en direct, à ce débordement de joie nous a mis profondément mal à l’aise. Car le tennisman allemand n’est pas qu’un joueur au tempérament de feu, exclu du tournoi d’Acapulco en 2022 et suspendu deux mois par l’ATP pour avoir frappé à plusieurs reprises la chaise d’un arbitre durant un match.
Deux ex-compagnes accusent Zverev de violences
Le « sacre » d’Alexandrer Zverev à Roland Garros est en effet aussi celui d’un homme accusé par deux de ses anciennes compagnes de violences conjugales et psychologiques. En 2020, la joueuse russe Olga Sharypova accusait publiquement le sportif de l’avoir physiquement violentée. Celle-ci affirmait, comme le rapportait CNN, dans un long texte publié sur les réseaux sociaux, qu’en août 2019 avant l’US Open, il aurait tenté de l’étouffer avec un oreiller et lui aurait cogné la tête contre le mur.
Elle se serait alors enfuie de leur hôtel pieds nus. Elle n’avait pas porté plainte, expliquant dans plusieurs interviews qu’elle l’aimait et que, s’il n’était pas « une mauvaise personne », il lui avait fait « quelque chose d’affreux ». Alexandrer Zverev avait nié les faits dans un post également publié sur les réseaux sociaux, affirmant qu’il « ne comprenait pas sa prise de parole » et « espérait que leurs relations s’apaiseraient ».
Cette affaire n’est pas isolée. En 2023, le joueur a été à nouveau accusé par une autre de ses anciennes compagnes, Brenda Patea, avec qui il a eu un enfant en 2020. En 2024, il a été condamné par le tribunal d’instance de Berlin à 450 000 euros d’amende pour coups et blessures sur celle-ci. Des faits qui seraient survenus en 2020 et que le joueur a une fois encore niés. Après un accord à l’amiable conclu « dans l’intérêt » de leur enfant, la plainte a été retirée. Alexander Zverev a cependant été condamné à verser 150 000 euros au trésor public allemand et 50 000 à des associations caritatives. Et c’est tout.
Alexander Zverev reste donc aujourd’hui, aux yeux de la justice, présumé innocent. Il est à même de poursuivre sa carrière sur les courts du monde entier et devant les caméras.
Glorifier la performance, éclipser le reste
Complexe sujet que celui du traitement des matchs et autres grands rendez-vous sportifs lorsqu’ils impliquent des personnalités accusées de violences conjugales, psychologiques ou sexuelles. Comment aborder médiatiquement les performances sportives d’un athlète et les accusations qui pèsent, ou ont pesé sur lui ? Au sein même des rédactions, il n’y a pas forcément d’unanimité.
Toujours est-il qu’hier, sur notre canapé, on criait « Flavio », comme une grande partie du public du Central. Oui, le parcours sportif d’Alexander Zverev, enfant diabétique qui n’aurait jamais dû atteindre le très haut niveau, est exceptionnel. Oui, sa victoire à Roland Garros, malgré l’absence de Sinner et d’Alcaraz, est une performance de taille. Mais l’un comme l’autre s’accompagnent d’une indéniable amertume. Et nous n’étions visiblement pas les seuls à ressentir cela. Il suffit de lire l’avalanche de commentaires rappelant les accusations de violence sous les quelques vidéos postées sur les réseaux sociaux par certains médias, retraçant le destin du champion.
Car en plus de la coupe qui vient s’ajouter à son palmarès et de l’argent (le dimanche 7 juin, il a pour rappel remporté 2,8 millions d’euros en gagnant la finale de Roland Garros), il y a la glorification de Zverev. Une communication proche de l’héroïsation orchestrée notamment par le cérémonial de la remise du trophée, la mise en scène de l’après triomphe de Roland Garros, petit teckel mignon à l’appui.
Autant d’images qui évitent consciencieusement le sujet des violences, et participent à un autre narratif : celui de la performance sportive qui éclipse le reste. Mais, comme nous le rappelait la chercheuse Giuseppina Sapio, spécialiste du traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles, l’admiration que nous portons collectivement aux artistes ou aux athlètes est un cadre qui nourrit l’emprise sur les victimes, leur autocensure, l’omerta. Et dans un pays où chaque année, en moyenne 213 000 femmes sont victimes de violences de leur conjoint ou ex-conjoint, impossible de participer à la fête.


1 day_ago
63
























.jpg)






French (CA)