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L’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop du centre-ville de Toronto, annoncé par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, suscite de vives réactions mitigées depuis lundi matin.
À l’occasion d’une conférence de presse, M. Ford a confirmé que son gouvernement désignera l’aéroport Billy Bishop comme une zone économique spéciale afin d’aller de l’avant rapidement, dit-il, avec son projet de prolongement de la piste d’atterrissage, afin d’y accueillir des jets.

Norm Di Pasquale est président de NoJetsTO. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Grégory Wilson
Si M. Ford vante le projet, des associations citoyennes accusent le gouvernement de ne pas les avoir inclus dans cette décision et dénoncent l’absence de consultation publique.
Le premier ministre continue de nous pousser à l’écart, déplore Norm Di Pasquale, président de NoJetsTO, une organisation citoyenne entre autres engagé dans la préservation de la vocation régionale de l’aéroport Billy Bishop.
Or, les Torontois et les résidents ont le droit de participer à ces discussions, ajoute-t-il.
Priorité à la revitalisation du front de mer
L’organisation citoyenne, qui a vu le jour en 2013, lutte depuis pour la revitalisation du front de mer de Toronto.

Le front de mer de Toronto fait actuellement l’objet d’une revitalisation massive et pluriannuelle, notamment avec la construction de nouveaux logements à Quayside et dans le secteur portuaire. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’elle lutte contre l’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop.
Nous avons remporté une première victoire contre les avions à réaction en 2015, nous pouvons le faire une fois de plus, croit M. Di Pasquale.
La revitalisation du front de mer devrait être prioritaire à l’agrandissement de l’aéroport, qui est simplement pour accommoder les avions à réaction.
Selon lui, la revitalisation du secteur et l’agrandissement de Billy Bishop ne vont pas de pair.
C’est tout simplement irresponsable et imprudent de vouloir agrandir l’aéroport, soutient-il.
Le public qui voyage veut avoir le choix
De son côté, Nicolas Pappalardo, président et directeur général (PDG) de Stolport qui gère la base d’opérations aéronautiques depuis 1984, se réjouit de l’annonce de M. Ford. Il anticipe déjà les retombées que l’agrandissement de l’aéroport va générer pour son entreprise.

Nicolas Pappalardo, PDG de Stolport, croit que l’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop apportera des bénéfices économiques importants pour Toronto. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Nous accueillons avec enthousiasme l’annonce du niveau provincial, a-t-il dit au micro de Radio-Canada.
Il félicite la province d’avoir pris en main le développement physique et économique de l’aéroport. Il croit que le projet va améliorer les déplacements pour les clients de l’aéroport.
Le public qui voyage veut avoir le choix. Les gens veulent être capables d’aller à Los Angeles, à Vancouver ou à Miami depuis le centre-ville de Toronto, sans avoir à aller à [l’aéroport international] Pearson.
Selon lui, cela fait des années que les passagers et transporteurs attendent une nouvelle comme celle-ci.
Selon ses propres chiffres, l’aéroport Billy Bishop accueillerait habituellement environ 2,8 millions de passagers chaque année grâce à une desserte comptant plus de 20 villes au Canada et aux États-Unis.

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L’aéroport Billy Bishop de Toronto, situé sur les îles à quelques centaines de mètres du centre-ville, est depuis plus d’un siècle au cœur de débats politiques, économiques et urbains.
Photo : Radio-Canada / John Badcock
Avec l’agrandissant de l’aéroport, NoJetsTO s’inquiète, toutefois, du bruit.
Le premier ministre Ford assure que les normes en matière et de sécurité et de protection seront respectées. Pourtant, les citoyens que représente l’organisme ne sont pas rassurés.

L’aéroport Billy Bishop est le troisième aéroport en importance de la province.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
L’annonce du premier ministre nous amène dans la mauvaise direction, croit M. Di Pasquale. Il est en train de nous retirer nos protections et nos droits environnementaux.
Doug Ford veut expulser la Ville
Or, le gouvernement provincial n’a actuellement pas juridiction sur l’aéroport.
L’aéroport est une entité fédérale, en partie détenu par la Ville de Toronto, rappelle le militant et avocat Brian Iller.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, accuse des élus municipaux à Toronto qui s’opposent aux jets à l’aéroport Billy Bishop d’être « étroits d’esprit ». (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Mais le premier ministre ontarien a déjà annoncé que son gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour remplacer la Ville de Toronto de l’accord tripartite qui encadre l’aéroport.
M. Iller explique aussi que, même si la province prenait en partie possession de l’aéroport, elle devra tout de même assujettie aux différentes dispositions qui régissent les activités de l’aéroport, dont les limites de bruits.
La conseillère municipale de Toronto, Ausma Malik, a d’ailleurs déposé une motion lundi au conseil de ville visant à inclure la Ville ainsi que ses résidents dans toutes décisions ayant a trait au front de mer.

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L'aéroport Billy Bishop, au centre-ville de Toronto.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, abonde dans le même sens.
Les gouvernements fédéral et provincial doivent être transparents avec les résidents de Toronto quant à leurs plans pour l’aéroport et les impacts que ces derniers vont avoir sur la vie des citoyens qui fréquentent le secteur, souligne-t-elle.
La mairesse a aussi fait allusion à la congestion routière que l’agrandissement de l’aéroport pourrait potentiellement créer au centre-ville.


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