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L'Éthiopie accuse l'Éryrthrée « d'agression flagrante », plus de deux semaines après la reprise des combats au nord de l'Éthiopie.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:23 | mis à jour aujourd'hui à 16:15 - Temps de lecture :
L'Ethiopie a accusé l'Erythrée, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans le nord éthiopien, « d'agression flagrante », Asmara rétorquant que c'est l'Ethiopie qui mène contre elle une longue « guerre d'agression », dans une nouvelle escalade verbale entre les deux voisins qui intensifie le risque d'une guerre ouverte.
L'Erythrée a acquis son indépendance de l'Ethiopie en 1993 après des décennies de lutte armée. Les deux voisins se sont affrontés lors d'une sanglante guerre entre 1998 et 2000 sur fond de différends territoriaux.
Les relations, qui se sont réchauffées à la suite de l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, sont de nouveau acrimonieuses depuis plusieurs années, les deux parties s'accusant mutuellement de tentative de déstabilisation. Depuis plusieurs jours, des troupes érythréennes sont présentes au Tigré, où une source sécuritaire étrangère a estimé leur nombre à 5 à 8 000 hommes. Les forces fédérales éthiopiennes ont utilisé contre elles leurs drones dans la nuit de mercredi à jeudi à Adigrat, ville située à environ 40 km de route au sud de la frontière de l'Érythrée, et les forces érythréennes se sont repliées plus au nord.
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Accusations mutuelles
La présence de troupes érythréennes au Tigré, région frontalière de l'Erythrée, est un « acte d'agression flagrant qui justifie l'exercice par l'Éthiopie de son droit inhérent à la légitime défense », a dénoncé le ministre des Affaires étrangères éthiopien Gedion Timothewos, dans une lettre envoyée jeudi à la représentation française à l'ONU. Une source diplomatique a confirmé qu'elle avait été envoyée à tous les membres du Conseil de sécurité onusien. « L'Érythrée est l'agresseur » et « l'Éthiopie est la victime », a encore souligné Gedion Timothewos. « Le régime éthiopien mène, de fait, une guerre d'agression non provoquée contre l'Érythrée depuis plus de trois ans maintenant », a répondu de son côté vendredi sur X Yemane Gebremeskel, ministre érythréen de l'Information.
Cette escalade verbale intervient plus de deux semaines après la reprise des combats dans le nord de l'Éthiopie, opposant notamment les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l'État régional depuis avril, à l'armée fédérale éthiopienne. Addis Abeba accuse depuis plusieurs mois Asmara de soutenir les rebelles du TPLF.


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