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Afriland First Bank confirme l’ouverture de sa succursale en République centrafricaine, opérationnelle depuis juin 2026. La banque camerounaise, leader du secteur bancaire national, franchit une nouvelle frontière régionale. Et le chiffre qui accompagne l’annonce mérite qu’on s’y arrête : plus de 1 200 milliards de FCFA mobilisés en faveur des entreprises privées au 31 décembre 2025. Une implantation qui ne sort pas de nulle part.
Une succursale déjà en activité avec une direction nommée
Le communiqué officiel, daté du 15 juillet 2026 à Yaoundé, ne laisse planer aucun doute sur le calendrier. La succursale centrafricaine fonctionne depuis juin, pas depuis hier. Elle est dirigée par Monsieur Zavier Ngueutheu, dont les coordonnées figurent en bas du communiqué, comme pour dire aux entreprises et investisseurs qu’ils ont désormais un interlocuteur direct sur place.
Afriland First Bank affiche des chiffres solides pour appuyer cette expansion. Au 31 décembre 2025, l’encours global des crédits atteignait 1 667 milliards de FCFA, les dépôts de la clientèle 1 950 milliards, et le total du bilan grimpait à 2 550 milliards de FCFA. Des montants qui placent la banque camerounaise en position de force dans la sous-région CEMAC, bien au-delà des frontières du Cameroun.
L’Administrateur Directeur Général, Célestin Guela Simo, a tenu à préciser dans le communiqué que l’engagement de la banque « dépasse le financement« . Une formule qui pourrait sembler convenue, sauf qu’elle s’accompagne d’une promesse plus concrète : accompagner les entreprises africaines « de leur création à leur croissance, leur transformation, leur expansion internationale et leur transmission ». C’est ambitieux, on ne va pas se mentir.
Dans l’interview accordée à l’occasion de cette ouverture, l’Administrateur Directeur Général va plus loin sur les raisons du choix centrafricain. Il évoque un pays qui « occupe une place importante dans la dynamique économique de la sous-région », porté par ses ressources naturelles et ses besoins en infrastructures. Le discours reste institutionnel, forcément, mais l’argument tient : les entreprises camerounaises investissent de plus en plus à l’extérieur, et il fallait bien qu’une banque suive ce mouvement.
Ce que ça change vraiment pour les entreprises de la sous-région
Le truc, c’est que cette ouverture ne relève pas uniquement de la communication institutionnelle. Elle répond à un besoin réel exprimé par les acteurs économiques des deux pays, qui réclamaient depuis un moment un accompagnement bancaire capable de suivre leurs opérations d’un pays à l’autre sans rupture. Les entreprises centrafricaines cherchent des partenaires financiers qui comprennent leurs réalités locales. Les entreprises camerounaises, elles, veulent pouvoir investir sans changer de banque à chaque frontière.
Concrètement, la banque promet un accompagnement renforcé entre Cameroun et Centrafrique, des solutions de financement pour les projets d’investissement, un appui aux opérations de commerce transfrontalier, et une digitalisation progressive des services. Sur le papier, tout ça coche les bonnes cases. Reste à savoir si l’exécution suivra le même rythme que les annonces, ce qui n’est jamais garanti dans ce genre de déploiement bancaire régional.
Difficile de ne pas y voir une stratégie de long terme qui dépasse largement la Centrafrique. Le communiqué le confirme d’ailleurs sans détour : cette implantation s’inscrit dans une « vision plus large validée par le Conseil d’Administration« , celle de construire « progressivement un groupe bancaire régional intégré« . L’Administrateur Directeur Général évoque même l’agrément unique délivré par la COBAC comme « un véritable levier de consolidation de l’intégration bancaire régionale ». Un langage de régulateur, mais qui dit une chose simple : Afriland veut être présent partout où la CEMAC bouge.
C’est un virage stratégique que beaucoup d’observateurs du secteur bancaire camerounais suivaient de près depuis quelques années. La banque, fondée en 1987, s’est construite sur l’identité de « banque de l’entreprise« . Aujourd’hui, elle tente de faire de cette identité un argument régional plutôt qu’un simple slogan national. Le pari est clair.
Ce qui frappe, dans cette annonce, c’est la façon dont Afriland présente son ambition non pas comme une simple extension géographique, mais comme une contribution à l’émergence de « champions économiques africains« . La formule revient plusieurs fois dans l’interview et le communiqué, presque comme une signature de marque. On ne sait pas encore si cette rhétorique se traduira par des résultats mesurables sur le terrain centrafricain, mais l’intention affichée est nette.
Pour les investisseurs et institutions basés à Bangui, la banque promet une équipe mobilisée et une expertise de proximité. Le contact est là, les numéros de téléphone figurent en bas du communiqué, l’adresse email aussi. Ce niveau de détail pratique tranche avec le ton institutionnel du reste du texte, mais il a son utilité : il rend l’annonce vérifiable, pas juste déclarative.
Reste une question qu’on ne peut pas éviter : est-ce que cette expansion régionale va aussi profiter aux PME camerounaises qui veulent exporter vers la Centrafrique, ou seulement aux grandes entreprises et institutions déjà bien installées ? Le communiqué ne le précise pas.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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