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Le dossier Lyhanna a révélé des retards graves ; la réponse institutionnelle ressemble surtout à une redistribution des bureaux.
Dans l’affaire Lyhanna, l’État semble avoir choisi le langage feutré de l’administration. La procureure d’Auch, Clémence Meyer, est annoncée au parquet général de Bordeaux, dans les prochains jours. Son départ n’a fait l’objet ni d’un communiqué détaillé, ni d’une explication publique sur ses nouvelles fonctions.
Cette décision arrive après la mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée sans vie dans le Gers au début du mois de juin. Jérôme Barella, mis en examen dans ce dossier, était déjà visé par plusieurs procédures et signalements concernant des mineures.
Le point le plus accablant concerne la plainte déposée en août 2025 par la mère de « Rosa », une autre enfant. Selon le rapport des inspections de la justice et de la gendarmerie, la procédure criminelle arrivée dans le Gers n’a pas été traitée comme prioritaire. Les inspecteurs ont relevé des pertes de temps, un défaut de suivi et une enquête insuffisamment contrôlée. Le suspect n’avait pas été placé en garde à vue avant la disparition de Lyhanna.
La réponse institutionnelle avait déjà pris la forme de mutations : deux gendarmes ont été éloignés de la police judiciaire et une substitut a perdu son habilitation à traiter les dossiers de mineurs. Désormais, la procureure elle-même change d’affectation. Mais une mutation est-elle une sanction, ou une manière élégante de refermer le dossier sans exposer personne ? Rappelons que, le 4 juin 2026, elle avait été proposée pour un avancement. En bénéficiera-t-elle ?
La comparaison avec le vieux « responsable mais pas coupable » de Georgina Dufoix, dans l’affaire du sang contaminé, revient forcément à l’esprit. Le contexte et les dossiers ne sont pas comparables. Le réflexe institutionnel, lui, paraît familier : reconnaître des dysfonctionnements, annoncer des mesures, puis diluer les responsabilités dans les couloirs de l’administration.
Le scandale Lyhanna a forcé la Chancellerie à lancer une revue nationale des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. C’est nécessaire. Mais les familles attendent autre chose qu’un jeu de chaises musicales : elles veulent savoir pourquoi une plainte aussi grave a pu dormir pendant des mois, et qui répondra réellement de cette faillite.


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