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Après plus de 20 ans d’activités, consistant à fournir des avis éclairés aux gouvernements provinciaux successifs sur les questions liées à l’eau, le Conseil de l’eau de l’Alberta annonce que ses jours sont comptés, à cause des resserrements budgétaires du gouvernement de Danielle Smith.
C’est du moins ce qu’a expliqué Jay White, membre fondateur de l’Alberta Water Council (AWC). Il affirme que, le 26 février dernier, le Conseil a reçu une lettre du ministère provincial de l'Environnement et des Aires protégées l’informant qu'il ne pourrait plus utiliser les fonds de subvention à compter du 26 mai.
[Cela nous a donné] 90 jours [...] pour mettre fin à nos activités et restituer les fonds non utilisés au Ministère, a-t-il précisé.
D’après Jay White, qui est par ailleurs biologiste de profession, le Conseil a exploré d’autres options de financement pour éviter une fin de mission imminente, mais sans succès.

Le Conseil a été créé dans le sillage de la stratégie provinciale « Water for Life », lancée sous l’ancien ministre de l'Environnement de l'Alberta, Lorne Taylor, ici sur une photo prise le 28 octobre 2002.
Photo : La Presse canadienne
Une mission vitale
L’AWC a été crée en 2004, dans le sillage de Water for Life, un cadre défini par la province pour une meilleure gestion et protection de l’eau et qui a été mis en place un an plus tôt par Lorne Taylor, alors ministre de l'Environnement sous le gouvernement de Ralph Klein.
Selon Jay White, c’est justement pour mettre en œuvre ce plan que l’AWC a été créé. À l’époque, Lorne Taylor, cité par Edmonton Journal, avait qualifié la mission du Conseil de vitale, expliquant que l’eau était l’enjeu du 21e siècle.
Les recommandations consensuelles du Conseil, qui ne disposait par ailleurs d’aucun pouvoir politique direct, devaient être présentées par le ministre Taylor au Cabinet.
C'était un groupe qui inspirait une grande confiance, comme l’affirme Jay White. Nous pouvions retrousser nos manches et discuter de questions très complexes concernant l'eau et la politique de l'eau.
Les échanges passionnés des membres du Conseil ont donné lieu à de nombreux documents consacrés aux zones humides, à la sécheresse, à la réutilisation de l'eau et à la sécurité de l'approvisionnement en eau, entre autres.
Notant que les différents gouvernements de la province ont manifesté des niveaux d’intérêt variables à l’égard du Conseil de l’eau, Jay White affirme que celui dirigé par Danielle Smith, par exemple, ne l’a pas associé à la dernière série de discussions qu’il a initiée sur la politique de l’eau. C’était peut-être un signe avant-coureur que ce gouvernement-là n’était pas intéressé par ce que le Conseil de l’eau avait à proposer.

Le gouvernement de Danielle Smith affirme que sa décision de se passer de l’AWC ne remet pas pour autant en cause son engagement en matière de protection des ressources hydriques. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bryan Labby/CBC News
1 million de dollars d’économies annuelles
Ryan Fournier, porte-parole du ministère provincial de l'Environnement et des Zones protégées de l'Alberta, a indiqué dans un communiqué que, à la suite d'un examen, la province avait décidé de mettre fin aux financements de l'AWC et la Clean Air Strategic Alliance.
Ce sont deux conseils qui se réunissaient trois fois par an, a-t-il précisé, ajoutant que la suppression des fonds qui leur sont destinés permettra aux contribuables d'économiser 1 million de dollars par an.
Pour autant, selon Ryan Fournier, la décision du gouvernement de se passer de l’AWC ne remet pas en cause l’engagement de l’Alberta en matière de protection des ressources hydriques.
Dans une déclaration à CBC, l’ancien ministre Lorne Taylor a fait savoir que les questions abordées dans la stratégie Water for Life restaient d'actualité.
Jay White estime quant à lui que, à travers l’annonce de la fin de mission de l’AWC, la province est le point de perdre un espace précieux destiné au partage des connaissances.
Le Conseil compte 23 membres. La province va passer à côté de toutes ces voix, déplore-t-il.
Je crains que ce soient des groupes d’intérêts qui fournissent à la province les informations qui auraient pu être fournies, peut-être, par un groupe plus équilibré comme le nôtre.
Le gouvernement a récemment mené une vaste consultation, comprenant des sondages en ligne, sur la disponibilité de l’eau dans la province.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Joel Dryden


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