NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À l’affiche du nouveau drame d’Asghar Farhadi en compétition au Festival de Cannes, le comédien de 33 ans est en train de bâtir sa carrière « au fil des films », comme il l’a confié au « HuffPost ».

Marc Piasecki / WireImage
Adam Bessa, ici au mois de février 2026, à Paris.
Pour Adam Bessa, ce n’est pas une première à Cannes. En compétition ? Si. Ce jeudi 14 mai, le comédien franco-tunisien, déjà aperçu sur le tapis rouge en 2022 et 2024 (respectivement pour Harka et Les Fantômes), signe son entrée par « la grande porte » avec l’un des films les plus attendus sur la Croisette, le nouveau drame d’Asghar Farhadi.
Tourné à Paris, Histoires parallèles raconte l’histoire un peu tordue d’une écrivaine en mal d’inspiration (Isabelle Huppert) qui, décidant d’espionner ses voisins pour nourrir son prochain roman, va vite se prendre les pieds dans le tapis. En cause, l’arrivée dans sa vie d’Adam, un jeune homme bien curieux. Trop ?
Réflexion intrigante sur le caractère parfois immoral de la créativité, le film offre au cinéaste iranien (déjà primé à trois reprises lors de ce même festival) un retour triomphant en compagnie d’un casting français cinq étoiles, nourri également de Pierre Niney, Virginie Efira, Vincent Cassel et (d’une apparition de) Catherine Deneuve.
Pour Adam Bessa, « petit nouveau » parmi les grands, c’est un coup de projecteur sans commune mesure depuis le début de sa carrière sur le grand écran, entamée il y a dix ans. Le HuffPost l’a rencontré.
Le HuffPost : À quoi ressemble un tournage comme celui-ci, avec de tels visages du cinéma français ?
Adam Bessa : J’étais curieux de découvrir les artistes derrière tous ces noms. En l’occurrence, j’ai beaucoup travaillé avec Isabelle (Huppert) et Virginie (Efira), avec qui j’ai la majorité des scènes. Le scénario entre mes mains, j’avais hâte de voir comment elles allaient l’aborder.
À l’écran, votre complicité avec Isabelle Huppert est précieuse. Comment votre relation s’est-elle nouée ?
Ça a été une rencontre artistique formidable. Je n’ai pas d’autres mots. J’admire son travail en tant qu’actrice, sa capacité de travail, son intelligence de jeu et son écoute du metteur en scène. Elle est bien plus « actor’s studio » qu’on ne le pense, même si je sais que cette chose n’est pas très développée en France. Je trouve qu’elle est d’une immense concentration. Elle reste beaucoup dans son personnage, elle brouille les frontières. C’était fascinant de la voir travailler. Avec elle, on était dans la création.

Carole Bethuel
Isabelle Huppert et Adam Bessa, ici dans « Histoires parallèles ».
Et vous, c’est une technique que vous mettez en place ?
Pour certains films, c’est quelque chose qui peut être adapté pour incarner le personnage. Ce n’est pas une règle, c’est la curiosité que le rôle nécessite. C’est une exploration de certains états : état d’esprit, état physique.
Comme ici ?
Pas spécialement, non. Asghar Farhadi, c’est un orfèvre. Il est très méticuleux. Il est extrêmement précis. Il sait vraiment ce qu’il veut faire plan par plan, où sont tous les détails. C’est à la mèche de cheveux près. L’ourlet de la veste doit être comme ci, pas comme ça. Moi, j’essayais de comprendre son intention, mon personnage étant un peu complexe. Il fallait en saisir l’essence. Ça ne se situait pas dans une préparation physique en amont, mais mentale.
Laquelle ?
Ce personnage est hypernaïf. Je n’avais jamais joué ça. Il y a quelque chose chez lui de très spontané, et en même temps d’ambigu. C’était une frontière compliquée. J’ai énormément relu le scénario pour en comprendre les rouages, peut-être plus que pour d’autres films, peut-être aussi en raison de sa complexité. Je l’ai pris comme une pièce de théâtre.
L’ambiguïté de votre personnage tient dans sa curiosité pour les autres, qui tend parfois à les vampiriser. Pour Asghar Farhadi, cette dualité est la « définition parfaite du talent ». Vous êtes d’accord ?
Complètement. Je trouve ça super intéressant qu’il n’y ait pas de manichéisme dans la manière de traiter ce personnage, qu’on ne voit pas quelque chose de mal dans ce qu’il fait. Que ce soit un vol ou une usurpation d’identité, on peut s’interroger : est-ce que l’art ou le talent ne nécessitent pas de casser des barrières que la société a mises en place ? Je veux dire par là que lorsqu’un artiste arrive dans une société, peut-être a-t-il besoin de sauter au-dessus desdites barrières, alors que c’est interdit. C’est sa curiosité qui l’y pousse.
Un point curieux de ce film, ce sont ses silences. Son tournage était-il une expérience bien différente des autres ?
Chaque tournage est vraiment différent. Mais oui, Asghar, c’est quelqu’un qui a son cinéma, sa signature, ses plans, sa mise en scène, son rythme. C’est quelqu’un qui prend le temps. Ça nous met dans un état d’esprit différent. On est plus attentif à des choses, comme des bruits, des sons. Plus on regarde les choses, plus elles ont un intérêt à nos yeux. Le but était de voir ce que lui voyait. C’est lui le grand chef d’orchestre, même si au bout d’un moment, je suis entré dans son rythme intérieur, dans ce dialogue qu’il a posé pour le personnage. En tout cas, c’était différent des autres films. Cette « vibe », comme on dit

Adam Bessa, ici aux côtés de Virginie Efira.
Travailler avec ce réalisateur, déjà primé à Cannes à trois reprises, est aussi une belle opportunité dans une carrière. N’est-ce pas ?
Je ne veux pas dire que je pense à mon CV, mais du côté industrie oui, c’est sûr que ça joue un peu. Moi, ce que j’en retirerais, c’est la gratitude d’avoir appris et découvert tant de choses.
Vous avez mis un pied dans le milieu du cinéma en 2017. Comment se profile votre carrière depuis ?
Elle suit son cours. Une carrière se fait au fil des films. Ça évolue. Chaque année est différente. Les films sont différents. On essaye de rester fidèle à ce qu’on est. C’est un métier difficile. On n’a pas toujours des bons projets, des bons films. Il faut essayer de se battre pour trouver de bonnes choses.
Est-ce qu’il faut sortir les gants de boxe pour se faire une place ?
Si on travaille dur, si on travaille bien, si on est à l’écoute, si on est curieux, si on n’est pas forcément obsédé par la « fame », mais qu’on est passionné, et qu’on a ce petit plus, à savoir ce talent d’être curieux comme le dit Asghar Farhadi, je ne vois pas pourquoi ça ne se passerait pas bien. On trouve toujours un chemin.


1 month_ago
105



























.jpg)






French (CA)