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Abus sexuels sur une mineure : Dave Bourque ne pourra échapper à la prison

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Dave Bourque, 48 ans, de Val-d’Or, a réglé plusieurs dossiers, dont certains à caractère sexuel, mardi, au palais de justice d’Amos. Les deux parties suggèrent des peines de détention au tribunal, qui doit rendre une décision dans les prochains mois.

Dave Bourque s’est d’abord reconnu coupable d’accusations de leurre informatique, de possession de pornographie juvénile et d’agressions sexuelles en lien avec une seule victime, une adolescente de 17 ans.

Des échanges textes avec la jeune fille qu’il connaissait ont dégénéré en octobre 2020 quand l’accusé s’est mis à parler de sexualité. À sa demande, la victime lui a envoyé une photo de sa poitrine, puis ils ont eu deux relations sexuelles complètes, malgré les objections de la victime.

Tous ces gestes ont été commis entre le 1er octobre 2020 et le 2 janvier 2021. L’accusé était alors en surconsommation de cocaïne, au point d’avoir des délires. Il a fait une thérapie fermée de 21 jours dans les mois qui ont suivi la dénonciation par la victime.

Témoignage de la victime

La jeune femme a quitté la salle en pleurs durant le résumé des faits. Plus tard, elle a tenu à lire une lettre au tribunal pour expliquer les nombreuses conséquences du crime sur sa vie, sur les épreuves qu’elle a dû traverser. Elle souffre toujours de séquelles psychologiques, qu’elle a associées à un choc post-traumatique.

Je sais que ça prend du courage pour venir témoigner. C’est essentiel, ça fait partie des éléments que l’on doit porter à la connaissance du tribunal, a reconnu le juge Jean-Pierre Gervais, de la Cour du Québec.

La victime avait l’appui de sa famille et de quatre représentantes du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, le CALACS-Abitibi.

Andréane Brouard, intervenante au CALACS-Abitibi.

Andréane Brouard, intervenante au CALACS-Abitibi.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

C'est super important de soutenir les victimes de violence sexuelle, puis de lancer un message clair aussi à la population, de démontrer que c'est inacceptable qu'il y ait encore des situations comme ça de violence sexuelle qui se perpétuent en 2026, explique l’intervenante Andréane Brouard.

Dave Bourque a aussi plaidé coupable à une accusation d’avoir enregistré des échanges privés à l’insu de deux autres personnes, et d’avoir eu des armes à feu en sa possession sans détenir les permis nécessaires. Enfin, il a été reconnu coupable du non-respect d'une condition de remise en liberté.

Dénonciation et dissuasion

Me Andrée-Anne Gagnon, du ministère public, a rappelé la gravité des gestes et l’importance de lancer un message de dissuasion et de dénonciation contre les crimes à caractère sexuel sur des personnes d’âge mineur. Ces principes doivent primer, a-t-elle répété.

Selon elle, l’âge de la victime, le contexte dans lequel les faits se sont déroulés et les conséquences sur la victime sont des facteurs aggravants. Elle s’est aussi dite peu convaincue de la mobilisation et du niveau d’introspection de l’accusé, parlant plus d’un début de démarche et non d’un accomplissement. Elle réclame une peine globale de quatre ans de détention.

Cette peine s'accompagne d’une série d’ordonnances du tribunal, dont le fichage de son ADN, une interdiction de contact avec la victime et sa famille, une interdiction de posséder des armes à feu et une inscription au registre des délinquants sexuels à perpétuité.

La réhabilitation

Son avocat, Me Nicholas St-Jacques, a quant à lui insisté sur sa réhabilitation, qui doit primer selon lui sur la dissuasion et la dénonciation. C’est pourquoi il demande plutôt une peine de 21 mois de détention, qui serait assortie d’une période de probation laissée à la discrétion du juge.

Son client avait de sérieux problèmes de consommation et une fragilité mentale lors des faits qui lui sont reprochés. Il se serait depuis pris en main. Il a effectué une nouvelle thérapie fermée de 21 jours pour ses problèmes de consommation de cocaïne en janvier 2022 et serait abstinent depuis. Il fait l’objet d’un suivi psychiatrique.

Il a un bon emploi, le soutien de sa famille, n’a pas d’antécédents et a plaidé coupable, a notamment cité comme facteurs atténuants Me St-Jacques. Il estime aussi que les rapports présentenciel et psychosexuel de son client montrent un faible risque de récidive.

La manifestation de remords sincères et la pleine reconnaissance de sa responsabilité. Vous savez, des fois, on a des rapports présentenciels où c’est mi-figue, mi-raisin, mais ce n’est pas le cas ici. Monsieur reconnaît vraiment les préjudices causés par ses actes, a plaidé l’avocat.

Le juge Gervais a pris la cause en délibéré et doit rendre sa décision à une date qui reste à déterminer.

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