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La question des redevances minières a rapidement été abordée par les partis politiques et les candidats aux élections provinciales dans Abitibi-Est, considérant les différends commerciaux entre le Canada et les États-Unis et l’incertitude mondiale qui propulsent le cours des métaux, principalement le prix de l’or, à des sommets qui stimulent l’intérêt pour les ressources minières.
Le maire de Val-d’Or, Serge Allard, réclame des engagements fermes envers les régions ressources, insistant sur une nécessaire révision du partage des redevances minières.
Il reprend l’argument maintes fois répété d’un déséquilibre fiscal entre l’Abitibi-Témiscamingue et le reste du Québec. Le secteur privé verse près de deux milliards $ par année au gouvernement provincial sous forme de revenus fiscaux, déplorant que les investissements en région soient en deçà des attentes pour une telle contribution.
La moitié des nouveaux arrivants quittent
Faute de services, de logement, d’infrastructures appropriées ou de services en santé, l’Abitibi-Témiscamingue se voit confrontée à une bataille perpétuelle d’attractivité. C’est le constat présenté par Attractivité Abitibi-Témiscamingue.
Avec des répercussions sur le coût et la disponibilité des logements, le navettage pèse sur le territoire et entraîne une hausse des prix locatifs. L’Association minière du Québec a reconnu que le recours à près de 4000 travailleurs en navettage exerce une pression sur le marché de l’habitation et par extension sur l’itinérance.
En Abitibi-Est, le logement et les difficultés persistantes de cohabitation sociale liées à l’itinérance ont donné lieu à des tensions qui perdurent à Val-d’Or depuis des années maintenant.
Déjà des engagements
La CAQ a profité du dévoilement de la candidature de Manon Barbe dans Abitibi-Est pour s’engager à doubler les sommes versées aux régions ressources. Cet engagement est venu de la part de la ministre des Ressources naturelles, Kateri Champagne Jourdain, qui s’était déplacée à Val-d’Or.

La ministre Kateri Champagne Jourdain lors de son annonce à Val-d'Or, le 24 août.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Pierre Dufour estime quant à lui que le Parti libéral lui permettra de faire progresser ses idées. « De fil en aiguille, le Parti libéral est le premier parti à faire une annonce concrète sur ce sujet. Ça démontre la volonté du parti à aller de l’avant. C’est un élément d'ancrage très important, parce que mes deux chevaux de bataille, c’est le juste retour des redevances minières et le déséquilibre fiscal dans la région », a-t-il mentionné.

Pierre Dufour, candidat du PLQ, en compagnie de son chef Charles Milliard. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry
Québec solidaire prône une approche stratégique pour les ressources minérales. C'est une réalité de notre territoire et, au niveau géopolitique mondial, qui est extrêmement intéressante. C'est aussi quelque chose dont on doit prendre soin, parce que oui, on a l'exploitation du territoire, mais on a aussi le maintien du territoire, a affirmé Sara Germain en soulignant également que l’eau risque aussi de devenir une ressource stratégique dans l’avenir.

Sara Germain, candidate de Québec solidaire dans Abitibi-Est.
Photo : Radio-Canada / Lise Millette
Le candidat du Parti québécois, Stéphane Tremblay, souhaite pour sa part une décentralisation des décisions et un renforcement de l’autonomie des régions.

Le candidat du Parti québécois dans le comté Abitibi-Est aux élections provinciales, Stéphane Tremblay. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté
Christian Savard, de Climat-Québec, a pour sa part exprimé qu'il est grand temps qu’on fasse les choses autrement. Il y a plein de choses qui me touchent à Val-d’Or. J’ai travaillé quelques mois à La Piaule et de voir de plus en plus de misère, ça m’affecte et je veux faire ma part, a-t-il soutenu.

Christian Savard, le candidat de Climat Québec dans Abitibi-Est. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / MARC-ANDRE LANDRY
Portrait de circonscription
La circonscription d’Abitibi-Est n’est un château fort pour aucun parti politique. Au fil des élections, elle est passée du giron du Parti libéral du Québec à celui du Parti québécois et, depuis 2018, à la Coalition avenir Québec.
Val-d’Or représente le centre névralgique et constitue la majeure partie de ses électeurs, mais le comté Abitibi-Est comprend également les municipalités de Belcourt, Malartic, Rivière-Héva, Senneterre et Senneterre-Paroisse ainsi que le territoire de l’ancienne municipalité de Cadillac. Figurent aussi à la liste électorale d'Abitibi-Est les communautés de Lac-Simon et les résidents de Kitcisakik.
Lors de l’élection de 2022, le taux de participation avait été de 62,57 %.
Un résultat à surveiller
La circonscription d’Abitibi-Est sera à surveiller le soir du 5 octobre. Le député sortant PIerre Dufour a récemment joint une nouvelle famille politique, celle du Parti libéral du Québec.
Les 33 723 électeurs devront se familiariser avec plusieurs nouveaux venus en politique, soit Manon Barbe pour la CAQ, Stéphane Tremblay pour le Parti québécois, Sara Germain pour Québec solidaire et Christian Savard pour Climat Québec. Le Parti conservateur du Québec n'avait pas encore annoncé de candidat dans Abitibi-Est au moment de rédiger ces lignes.

Manon Barbe défend les couleurs de la CAQ et du gouvernement sortant dans Abitibi-Est. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L’issue du vote demeure ainsi incertaine, d’autant que Pierre Dufour porte un triple bilan. Il devra à la fois défendre son début de mandat avec la Coalition avenir Québec, son parcours comme député indépendant, où il avait les coudées franches dans ses prises de position, et maintenant la défense de la plateforme du Parti libéral du Québec, qui se rebâtit après une succession de dirigeants à sa tête.
Depuis les élections de 2022, Dominique Anglade a quitté, Marc Tanguay a assumé un premier intérim, et Pablo Rodriguez avait été élu à l’issue d’une course à la chefferie et s’était d’ailleurs déplacé en Abitibi-Témiscamingue pour s’engager dans le dossier des redevances minières. Après son bref passage à la direction, il a quitté et Marc Tanguay a de nouveau assuré l’intérim avant l’entrée en scène du nouveau chef Charles Milliard.


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