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Abdoullaye Daouda quitte le Sénat pour le Conseil constitutionnel

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Il a passé dix-sept ans dans les couloirs de l’Assemblée nationale, puis quelques années au Sénat. Abdoullaye Daouda s’apprête à changer de décor. Un décret signé le vendredi 16 octobre 2026 par le président Paul Biya le nomme au Conseil constitutionnel, où il achèvera le mandat de Bah Oumarou Sanda, mort le 7 août. Ce n’est pas la nomination qui a fait le plus de bruit ce jour-là, mais elle n’est pas anodine.

Un fauteuil resté vide depuis le 7 août

Bah Oumarou Sanda est décédé le 7 août 2026. Sa place est restée vacante plus de deux mois. Le décret du 16 octobre y met fin.

La procédure suit l’article 51 de la Constitution, alinéas 2 et 3. Trois membres du Conseil constitutionnel sont désignés par le président de l’Assemblée nationale, après avis du Bureau. En cas de décès d’un membre, l’autorité qui l’a désigné nomme son remplaçant. Le nouveau venu achève le mandat de son prédécesseur, et ne repart pas pour un mandat complet.

Ici, c’est donc Théodore Datouo, président de l’Assemblée, qui a porté le nom d’Abdoullaye Daouda. Le Bureau de l’institution a donné son avis. Le chef de l’État a signé.

Un détail qui compte : Abdoullaye Daouda ne remplace pas n’importe qui dans n’importe quel siège. Il occupe un des trois sièges que le règlement réserve à l’Assemblée nationale, et sa trajectoire colle exactement à ce profil.

Dix-sept ans au service de l’administration parlementaire

Il a été secrétaire général adjoint n° 1 de l’Assemblée nationale, chargé des affaires administratives, de 2008 à 2025. Cela a couvert trois législatures, les huitième, neuvième et dixième.

À plusieurs reprises, il a aussi assuré l’intérim du Secrétariat général de l’institution : 2017-2018, 2019-2020, puis 2022-2023. Trois fois. C’est le genre de détail qui en dit long sur la confiance qu’il inspirait en interne.

Avant d’être nommé, il était conseiller spécial au cabinet du président du Sénat. Un poste récent, qui lui a fait traverser le Boulevard du 20 Mai pour changer de maison parlementaire.

Titulaire d’une licence en droit privé de l’université de Yaoundé, il est aussi diplômé de l’Enam, section magistrature, et de l’École nationale d’administration de Paris, dans un cycle international en administration publique, spécialité organisation du travail parlementaire. Depuis juillet 2018, il est magistrat hors hiérarchie, 2e groupe.

Le profil est donc double : juriste de formation, parlementaire de carrière. C’est rare.

Deux nominations le même jour, un même Conseil

Le même 16 octobre, le chef de l’État a aussi nommé Remy Nama président du Conseil constitutionnel. Deux entrées dans la même institution, le même jour, avec des trajectoires que tout oppose.

Remy Nama vient de la présidence de la République, où il a longtemps traité les affaires judiciaires. Abdoullaye Daouda vient du Parlement, côté administration. Un homme d’Etoudi, un homme des deux chambres.

Franchement, la combinaison ne passe pas inaperçue. Au Conseil, le président cohabite désormais avec un membre dont le métier est de connaître les règles internes de l’Assemblée et du Sénat, l’organisation des travaux, le circuit des textes. Ça pèse, quand un recours arrive sur la régularité d’une loi ou d’une procédure.

Et c’est probablement là que son expérience servira le plus. Un contentieux sur le fonctionnement d’une chambre trouvera en lui quelqu’un qui connaît les rouages de l’intérieur. Mais cet atout peut aussi se retourner : un juge qui a longtemps travaillé pour l’institution qu’il est amené à contrôler, ça pose question sur l’indépendance perçue.

On ne sait pas encore quand il prêtera serment. Rien n’indique non plus, à ce stade, s’il siégera dès les premières affaires ou s’il lui faudra un temps d’adaptation.

Christiane Tamoura Engo

Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.

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