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À Yellowknife, un concours oratoire dans un contexte flou pour l’immersion

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À Yellowknife, plusieurs dizaines d’élèves se sont essayés mardi à la dialectique dans le cadre du concours d’art oratoire annuel de l’association Canadian Parents for French. L’événement se tient toutefois dans un contexte de disparition de programmes d’immersion en français à Inuvik et à Fort Smith.

Je suis tellement fière en tant que parent, s’enthousiasme Rosie Benning après la prestation de sa fille. Elle a préparé son discours un mois avant et l’a enregistré et écouté pour le mémoriser.

Durant toute une matinée, ils ont été plusieurs à se succéder sur un thème choisi à l’avance, devant un public de camarades et sous les yeux attentifs de juges désignés pour l’occasion.

Portrait de Rosie Benning.

Rosie Benning était venue en tant juge du concours d'art oratoire, mais aussi en tant que parent pour assister à la prestation de sa fille.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Pour Michael Tryon, le directeur général de Canadian Parents for French pour l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest, ce genre d’événement est encore plus important pour les élèves inscrits dans un programme d’immersion.

Pour les jeunes en immersion, à la fin de la journée, le français s’arrête, explique-t-il. De 85 % à 90 % des parents de jeunes en immersion n’ont aucun mot de français. Donc il n’y a pas d’opportunités pour pratiquer.

C'est une opportunité pour eux de s'exprimer en français, renchérit Maël Beaucourt, enseignant en français à l’école St. Joseph School.

Le choix de l’immersion

Maël Beaucourt a d’ailleurs enseigné à l’École Allain-St-Cyr auparavant et a donc pu comparer les deux systèmes, l’école francophone et l’immersion française.

Le grand défi de l'immersion, c'est de promouvoir la francophonie chez les allophones, dit-il.

Il constate notamment que, en ce qui concerne les élèves en immersion, il faut les inciter à toujours parler en français, à faire cette corrélation aussi entre l'anglais et le français. Ce n’est pas la même pédagogie, conclut-il.

Donc, tout le défi de l'immersion, c'est de permettre à nos élèves qui n'ont pas des parents qui parlent français de pouvoir quand même avoir cette scolarité dans les deux langues.

Portrait de Maël Beaucourt.

Maël Beaucourt a enseigné à l'École francophone Allain-St-Cyr et enseigne présentement au sein du programme d'immersion de l'école St.Joseph School.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Pour Rosie Benning, le choix de l’immersion pour sa fille s’est fait en accord avec son conjoint.

Mon mari est anglophone et se sentait plus à l'aise avec les parents qui étaient dans la même situation, explique-t-elle.

Les parents anglophones veulent que les enfants aient des choses qu'ils n'ont pas eues, et avoir les deux langues donne des opportunités qu'ils n'ont pas eues quand ils étaient jeunes, constate Michael Tryon.

Le responsable associatif mentionne aussi l’enthousiasme des familles nouvellement arrivées pour les programmes d’immersion.

Avant de partir de leurs pays, ils entendent que l’anglais et le français font partie du Canada et ils estiment que, pour leurs enfants, c’est obligatoire d’apprendre les deux langues.

Le contexte flou des T.N.-O.

Rosie Benning et Michael Tryon déplorent tous les deux les coupes annoncées pour les programmes d’immersion des écoles élémentaires à Inuvik et à Fort Smith le mois dernier.

C’est dommage, mais je pense qu’il y a une raison économique aussi, dit Michael Tryon. C’est tellement cher pour porter un programme comme ça.

Portrait de Michael Tryon.

Michael Tryon a fait le déplacement à Yellowknife depuis Edmonton pour assister à la compétition.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Il demande néanmoins aux différents gouvernements de s’investir davantage pour garantir la pérennité des programmes d’immersion au pays. Il faut que tous les niveaux de gouvernements donnent leur reconnaissance au programme d’immersion comme programme permanent. Maintenant, l’immersion est un programme optionnel.

Je dirais que c'est triste parce que l'école, souvent, c'est la porte d'entrée pour les jeunes, souligne de son côté Rosie Benning. J'espère que la communauté trouvera d'autres solutions, que ce soit des événements communautaires ou des clubs après l'école.

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