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À sept mois de l'élection présidentielle, gauche et droite cherchent encore leur candidat: à quoi ressembleront les prochains mois?

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La rentrée politique a démarré sur les chapeaux de roue. Après les universités d'été, le grand débat du Medef et la polémique autour de l'interdiction du voile dans l'espace public lancée par le Rassemblement national (RN), l'heure est venue de faire le point sur les enjeux auxquels sont confrontés les principaux partis politiques à l'approche de l'élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027.

Primaire sociale-démocrate en ligne de mire

La gauche sociale-démocrate a désormais les yeux rivés sur sa primaire, qui se déroulera les 9 et 10, puis 16 et 17 octobre. Après de nombreuses tergiversations, les conditions ont été fixées: les adhérents du Parti socialiste (PS) et de Place publique pourront voter, ainsi que les sympathisants qui acceptent de débourser 15 euros.

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Plusieurs candidats sont en lice: le cofondateur de Place publique Raphaël Glucksmann, qui a annoncé sa candidature le 23 août au 20 heures de TF1, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui a fait de même une semaine plus tard, mais aussi d'autres cadors socialistes comme Ségolène Royal ou Jérôme Guedj. Le député de l'Eure Philippe Brun, le député du Val-d'Oise Emmanuel Maurel et l'ancien secrétaire national du PS Fabien Verdier sont également dans la course à l'investiture.

L'enjeu est de taille: si les électeurs de la gauche radicale sont majoritairement convaincus par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, l'électorat social-écologique est aujourd'hui écartelé entre les potentielles candidatures socialiste, écologiste, voire celles du bloc central, estime Pierre-Nicolas Baudot, maître de conférences en science politique à l'université de Rouen-Normandie. «Cet électorat n'a aujourd'hui pas de candidature de référence. L'enjeu pour les socialistes est d'apparaître comme la candidature la plus crédible. La primaire permettra de donner une incarnation.»

La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a longtemps défendu l'organisation d'une primaire unitaire de la gauche, qui semble désormais enterrée. La candidate à l'Élysée, qui doit accoucher ces prochains jours, «ne compte pas arrêter pendant quatre mois» sa campagne, a-t-elle précisé sur France 2 le 9 septembre. Le parti devra toutefois finir par arbitrer entre le maintien de la candidature de sa cheffe de file et un éventuel ralliement à Jean-Luc Mélenchon ou à une candidature sociale-démocrate.

Alors que le RN est donné largement favori dans les sondages, «difficile d'imaginer que Marine Tondelier ira jusqu'au bout en sachant qu'ajouter une candidature ajoute de la division», analyse le politologue. Côté communiste, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel a, lui, confirmé sa candidature dimanche 6 septembre sur TF1, après un vote favorable des militants du parti à 72%.

Vers un rassemblement du centre et de la droite?

Au bloc central, les candidats Gabriel Attal (Renaissance) et Édouard Philippe (Horizons) sont à pied d'œuvre pour s'imposer comme les représentants du camp présidentiel, tout en se distançant de son héritage. «La droite s'est radicalisée, ou davantage droitisée, laissant un espace vacant au centre. Une personnalité qui apparaît comme moins radicale que Bruno Retailleau peut l'exploiter», souligne Pierre-Nicolas Baudot.

Pour occuper cet espace, les deux anciens Premiers ministres misent sur des stratégies différentes. Si le secrétaire général de Renaissance a sillonné la France tout l'été pour aborder «le quotidien des Français», le maire du Havre s'est, lui, reposé avant de faire sa rentrée politique les 21 et 22 août, à Mayotte, où il a notamment affirmé vouloir «fermer totalement les vannes de l'immigration» sur l'île.

À sept mois du scrutin, Édouard Philippe apparaît comme le candidat le mieux placé du centre et de la droite pour faire face à Marine Le Pen, devançant le candidat désigné des Républicains (LR) Bruno Retailleau et Gabriel Attal. Les derniers sondages sur les intentions de vote dessinent un second tour où Marine Le Pen, créditée à plus de 30% des voix au premier tour, voire jusqu'à 38% selon les enquêtes, affronterait Édouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon –les écarts entre les deux prétendants restant, à ce stade, particulièrement faibles.

Face à l'hypothèse d'un second tour entre le RN et LFI, quelque 200 élus locaux ont mis sur la table, fin août, l'idée d'une «primaire ouverte» de la droite et du centre. Le président des députés LR, Laurent Wauquiez, tout comme David Lisnard (Nouvelle Énergie) ont également réitéré leurs appels au rassemblement. Mais la primaire conserve une réputation mitigée à droite, rappelle Pierre-Nicolas Baudot: les divisions entre les prétendants sont mises en avant, ce qui accentue les rivalités et peut abîmer l'image des partis. Une position partagée par Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux opposés à une telle primaire. Bruno Retailleau a, lui, affirmé fin août sur le plateau des «4V» de France 2 ne pas être contre, mais «ne pas y croire» aujourd'hui.

Aux extrémités de l'échiquier politique, clarté et opération séduction

Alors que les candidatures en vue de l'élection suprême se sont multipliées à gauche comme à droite, LFI et le RN peuvent se targuer d'avoir, très tôt, désigné leur candidat. Le 3 mai, Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature, se lançant, à 75 ans, pour une quatrième campagne présidentielle. Le tribun insoumis a surfé sur la dynamique des municipales pour fédérer autour de lui. «LFI est parvenue à imposer une direction, une marque, ce qui est déjà un succès, estime Pierre-Nicolas Baudot. Le parti défend une transformation du système, notamment par le biais de mesures fiscales importantes et d'une certaine bifurcation écologique. L'enjeu est désormais de montrer qu'il est prêt à gouverner.»

De son côté, le RN a très vite présenté son ticket Le Pen-Bardella, avant de mettre en avant la candidature de sa cheffe de file, à la faveur de la réduction de sa peine d'inéligibilité par la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, le 7 juillet. Aujourd'hui, «l'enjeu pour le RN est de gagner le second tour, poursuit l'expert. Pour cela, le parti doit élargir sa base électorale vers la droite et une partie du centre droit. Le RN tente désormais de gagner en crédibilité au sein des milieux économiques et du patronat.» En témoignent les récentes positions affichées par Marine Le Pen lors du débat du Medef, notamment sur la réduction du train de vie de l'État.

Une évolution du débat après l’été caniculaire

La crise climatique de cet été 2026 va-t-elle avoir des conséquences sur le débat présidentiel de ces prochains mois? Selon le baromètre de mesure des priorités des Français développé par l'Observatoire français de la Société et de la Consommation et le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), les préoccupations liées à l'environnement, à la pollution et au climat ont fortement augmenté durant l'été.

Les enjeux climatiques, en bas de la liste en mars dernier, pointent désormais à la troisième place, un niveau record en quinze ans de mesures. «L'enjeu climatique va compter inévitablement, les candidats ne font plus campagne sans aborder cette question-là», précise Pierre-Nicolas Baudot. Mais chaque camp inscrit désormais les questions environnementales autour de ses propres thématiques: à gauche, elles se lisent sous l'angle de la justice sociale, tandis qu'à droite, le discours s'articule autour de la dénonciation de l'écologie punitive et la mise en avant du technosolutionnisme.

Pour la gauche et la droite, c'est surtout un resserrement des candidatures qui va se profiler ces prochains mois.

D'ici à l'élection suprême, les effets de la séquence estivale pourraient bien s'estomper. Les candidats à l'Élysée seront fortement attendus sur les questions liées au pouvoir d'achat, aux salaires et à la fiscalité –des thématiques particulièrement sensibles aux yeux des Français, alors que la hausse des prix a atteint 2,4% sur douze mois à la fin août, selon l'Insee. Les propositions pour augmenter les rémunérations essaiment des deux côtés de l'échiquier politique: réduire les cotisations pour rapprocher le salaire net du brut (bloc central et LR), porter le Smic à 1.700 euros net mensuel (LFI) ou encore baisser les cotisations sociales comme le veut l'ancien président et candidat putatif François Hollande.

Pour la gauche et la droite, c'est surtout un resserrement des candidatures qui va se profiler ces prochains mois. «Les partis politiques fonctionnent ainsi: on vise l'espace électoral, on trouve une incarnation puis on définit la ligne politique», conclut Pierre-Nicolas Baudot. Sur ce terrain, le RN et LFI ont toutefois pris une longueur d'avance.

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