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De la fin du XIIIᵉ siècle jusqu'à la conquête espagnole au XVIᵉ siècle, le royaume inca a dominé 4.000 kilomètres de la côte ouest de l'Amérique du Sud. Au sein des communautés, les croyances en plusieurs dieux prenaient une place importante. De nombreux rituels étaient organisés, notamment des sacrifices humains. L'un d'eux, appelé «capacocha», consistait à offrir des enfants et des jeunes femmes aux dieux de la montagne.
Des chercheurs se sont récemment intéressés à huit jeunes Incas congelés et momifiés, sacrifiés dans le cadre de cérémonies. L'étude, publiée début novembre dans la revue Antiquity, dont New Scientist se fait l'écho, révèle que les enfants avaient été drogués. Des traces de cocaïne, d'alcool et de substances hallucinogènes ont été relevées. Ces substances auraient permis d'atténuer la peur face à la mort ou de faciliter la communication avec les dieux.
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«Nous ne pouvons pas reconstituer les émotions des enfants ni déterminer précisément comment ils ont vécu ces événements, explique Dagmara Socha, archéologue à l'université de Varsovie, en Pologne. Cependant, il ne faut pas supposer que le fait d'être sélectionné pour une cérémonie religieuse prestigieuse signifiait nécessairement que cette expérience n'était pas effrayante ou traumatisante.»
En 1590, alors que la conquête espagnole des Amériques se poursuit, le moine Martín de Murúa écrit que la cérémonie de la capacocha était pratiquée pour garantir «ni famine, ni manque de fruits de la terre, ni sécheresse, ni peste, ni rébellion». Les momies étudiées par les archéologues ont été découvertes entre 1920 et 1990 sur différents sites au Pérou, en Argentine et au Chili. Il s'agissait des restes de sept filles et d'un garçon, âgés de 6 à 14 ans. Les chercheurs estiment que certains auraient été tués par une arme tranchante, tandis que d'autres auraient été enterrés vivants.
Présence de cocaïne, d'alcool et de coca
Les archéologues ont analysé les échantillons de cheveux et d'ongles afin de déterminer les substances psychoactives que les enfants avaient consommées. Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cocaïne dans tous les échantillons de cheveux. Des traces d'alcool et de feuilles de coca ont été trouvées chez la moitié des enfants.
Plus surprenant encore, les scientifiques ont détecté de l'harmine dans l'un des échantillons d'ongles. Cet alcaloïde naturel aux propriétés hallucinogènes était un ingrédient utilisé dans l'ayahuasca, une boisson cérémonielle. Pour l'équipe de chercheurs, les propriétés antidépressives de l'harmine auraient pu être utilisées pour apaiser les petits.
Les récents travaux indiquent que la préparation en vue d'un rituel pouvait varier. Chaque enfant était «préparé» différemment, peut-être pour orienter son sacrifice vers une divinité particulière. «Nous commençons à comprendre la capacocha non pas simplement comme un événement sacrificiel unique, mais comme un processus complexe impliquant des préparatifs importants, de longs voyages et différentes pratiques rituelles», conclut Dagmara Socha.





























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