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À Roland-Garros, la drôle de fronde des stars pour faire pression sur les tournois du Grand Chelem

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Quinze minutes et puis s’en vont : la majorité des stars du tennis a limité comme annoncé son temps de parole devant les médias vendredi à Roland-Garros pour réclamer une meilleure part des revenus générés par les tournois du Grand Chelem.

Depuis le début en mars 2025 du bras de fer entre les organisateurs de Majeurs et les meilleurs joueurs mondiaux, qui réclament de toucher 22 % des revenus dégagés par les tournois du Grand Chelem, « on a été assez patients », a estimé le 8e mondial Taylor Fritz en conférence de presse.

« On a été plutôt cool dans nos demandes et on a tous le sentiment qu’on est ignorés », a regretté l’Américain.

Comme lui, une vingtaine de joueurs ont décidé de limiter à 15 minutes le temps qu’ils accorderont aux médias vendredi et samedi lors des traditionnelles conférences de presse et interviews d’avant-tournoi avec les détenteurs de droits télévisés.

Une référence directe au pourcentage des revenus des tournois du Grand Chelem actuellement reversé aux joueurs, proche de 15 %.

Portable en main, les journalistes ont donc chronométré à la seconde près le temps de parole de l’Américain : 10 minutes 30 secondes dans la principale salle dédiée aux conférences de presse, puis 4 minutes 30 secondes devant le diffuseur américain TNT.

Un exercice de surveillance compliqué par la configuration du centre de presse, où la zone d’interviews réservée aux diffuseurs n’est pas accessible aux journalistes de médias non-détenteurs de droits.

Plusieurs journalistes se sont donc agglutinés à l’entrée de la zone réservée aux diffuseurs pour tenter d’apercevoir combien de temps les joueurs accordaient aux télévisions après leur conférence de presse.

De quoi former un embouteillage, le numéro 1 mondial Jannik Sinner et son équipe se frayant péniblement un chemin tandis que la Russe Mirra Andreeva (8e) multipliait les allers-retours dans le centre de presse avec un immense croissant entre les mains.

« Être respectés »

Si Taylor Fritz a bien quitté le centre de presse après 15 minutes, plus tôt dans la matinée Mirra Andreeva (8e) avait été moins disciplinée, enchaînant les interviews avec les diffuseurs après avoir déjà passé une dizaine de minutes en conférence de presse.

La demi-finaliste de l’édition 2024 a pourtant assuré soutenir les demandes « raisonnables » des vingt joueurs engagés dans le mouvement de contestation, dont elle fait théoriquement partie au même titre que les numéros 1 mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka.

En limitant le temps accordé aux médias, et en particulier celui dévolu aux détenteurs de droits, les vingt frondeurs espèrent faire pression sur les organisateurs de Roland-Garros avant une réunion prévue vendredi entre certains de leurs représentants et des cadres de la Fédération française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi.

« Nous n’essayons pas de nous en mettre plein les poches. Nous voulons être écoutés, respectés. Il y a d’autres questions telles que les retraites, mais aussi les bonus ATP », a résumé l’Américain Ben Shelton (6e).

Brouillonne dans la matinée, la mécanique s’est mieux huilée dans l’après-midi : les frondeurs ont accordé environ dix minutes en conférence de presse et cinq minutes pour les détenteurs de droits.

« En temps normal, ça ne dure de toute façon pas plus longtemps que ça pour moi », a souri la numéro 2 mondiale Elena Rybakina, qui soutient « tous les joueurs et joueuses » dans ce mouvement.

« Je ne regarde pas ma montre »

La situation a parfois provoqué un brin d’agacement chez certains diffuseurs, qui n’avait pas grand-chose à montrer avec le temps qui leur était dévolu.

« Je ne regarde pas ma montre, mais on essaie de faire passer notre message et 15 minutes. C’est mieux que rien », a assuré Aryna Sabalenka avant de couper court, elle-même, aux questions en anglais pour rester dans les clous.

La Biélorusse, qui n’avait pas exclu début mai de boycotter les tournois du Grand Chelem s’ils n’accédaient pas aux revendications financières des joueurs, a affirmé faire tout cela aussi pour les joueurs « plus bas dans le classement et qui souffrent ».

Un constat partagé par l’ex-numéro 1 mondial Novak Djokovic, signataire de la première lettre en mars 2025, mais qui n’est pas associé au mouvement.

« Le haut du classement doit s’occuper des autres, si on veut que les joueurs vivent et ne soient pas en train d’essayer de survivre de leur sport », a assuré le Serbe, qui fêtait ses 39 ans vendredi.

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