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Située face à un bassin ostréicole, la collectivité a étendu cet hiver son dispositif de collecte des restes de crustacés. Un système écologiquement vertueux, qui soulage aussi le poids financier de la gestion des déchets.
Passer la publicité Passer la publicitéLe sort des fruits de mer ne s’arrête pas à la ripaille. Les coquilles d’huîtres s’accumulent dans les chaumières, au lendemain de la période des grandes tablées de Noël et du Nouvel An. La majorité finira dans les ordures ménagères. Cette issue n’est cependant pas une fatalité. Riches en calcium, ces déchets des agapes de fin d’année peuvent, une fois concassés, former - entre autres - un engrais naturel. Encore faut-il les collecter, les traiter, les composter. Les bénéfices de ce recyclage n’ont pas échappé à plusieurs collectivités du littoral, notamment celles du bassin ostréicole de la baie de Bourgneuf, en Loire-Atlantique.
Du côté de Pornic, à une trentaine de kilomètres de Nantes, l’engouement des habitants pour le service de collecte et de valorisation des coquilles d’huîtres - mais aussi de moules, de palourdes, de bulots ou encore de bigorneaux - a convaincu la communauté d’agglomération d’élargir son dispositif inauguré il y a près de dix ans. Les deux bennes installées jusqu’à présent n’étaient jusqu’alors déployées qu’entre la mi-décembre et la mi-janvier, au lendemain des ultimes festins de la Saint-Sylvestre. Elles seront désormais au nombre de trois, présentes dans toutes les déchetteries de la collectivité pendant la moitié de l’année, entre octobre et mars.
Cercle vertueux
«Ce calendrier étendu correspond à la période la plus propice à la consommation des huîtres. La période froide de l’année permet, en outre, d’atténuer les nuisances olfactives des coquilles», indique Céline Loizel directrice du service prévention et gestion des déchets au sein de la communauté d’agglomération de Pornic. Une fois collectées, les coquilles sont convoyées vers la plateforme de compostage de Suez, à Vallet, près de Clisson, dont la capacité de traitement des déchets organiques a récemment augmenté pour atteindre 27.000 tonnes.
Le dispositif s’avère aussi vertueux pour l’environnement que pour les finances publiques. Le coût du traitement différencié de ces coquilles revient ainsi à 66 euros la tonne, contre 285 euros pour une tonne de déchets ménagers ordinaires. Le dispositif est monté en puissance ces dernières années, à l’occasion de la modernisation des deux déchetteries historiques de la collectivité, puis de l’ouverture d’un troisième site, en 2025. «Il y a eu une vraie demande des habitants, encore nombreux à nous questionner régulièrement sur ce qu’il convient de faire avec ces déchets un peu particuliers», assure Maxime Clément, responsable du service déchèteries et traitement des ordures ménagères.
Les services de la collectivité poursuivent un travail de pédagogie auprès de la population pour éviter de collecter des déchets inappropriés dans les bennes, à l’instar des restes alimentaires souvent jetés avec les coquilles, comme les citrons et les résidus de crustacés. «À terme, nous espérons garder sur notre territoire toutes les étapes de cette filière de recyclage, tout en développant différents types de valorisation de ces déchets», espère Céline Loizel. En attendant, les consommateurs de crustacés des environs de Pornic ne rongent pas leur frein. Plus de 5 tonnes de coquilles ont d’ores et déjà été récoltées depuis octobre.


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