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La ville a été reprise par l’armée fédérale le 3 octobre. Chassés de leur fief historique, les rebelles tigréens se sont retranchés dans les zones montagneuses de la région. Le retour du conflit ravive les blessures de la guerre de 2020, au cours de laquelle Makalé avait subi un siège et des crimes de guerre.

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Une patrouille de la police fédérale éthiopienne, à Makalé, au Tigré (Ethiopie), le 9 octobre 2026. Une patrouille de la police fédérale éthiopienne, à Makalé, au Tigré (Ethiopie), le 9 octobre 2026.

La guerre, à Makalé, est passée comme un songe. Deux semaines d’angoisse, quelques frappes de drones, et plus rien. Tout semble revenu à la normale dans la grande ville du nord de l’Ethiopie, où le pouvoir a pourtant bel et bien changé de mains. La capitale régionale, fief du Front populaire de libération du Tigré (FPLT), parti qui a régné sans partage sur le pays de 1991 à 2018, est désormais contrôlée par l’armée fédérale et ses alliés de la Force de paix du Tigré (TPF).

Leurs hommes sont entrés dans Makalé, le 3 octobre, sans combattre. « On ne peut pas dire que nous étions vraiment heureux de l’arrivée de l’armée, ça c’est sûr, mais on aspire tellement à la paix… Cela fait plus d’un an que l’économie est paralysée. On veut que les services les plus basiques fonctionnent, comme la distribution d’essence ou le retrait d’argent liquide à la banque. On en a assez de la menace perpétuelle d’une guerre », affirme Mulena Desta, un directeur d’école.

En quelques semaines, le gouvernement fédéral a installé ses quartiers au Tigré. Une nouvelle administration intérimaire a été mise en place le 16 octobre, chargée notamment d’organiser des élections dans les six mois. Les panneaux d’entrée du quartier général du FPLT ont été décrochés pour être remplacés par ceux, flambant neufs, du « bureau régional de la paix et de la sécurité du Tigré ». La présence des TPF, faction tigréenne ralliée au pouvoir central, rassure les habitants, traumatisés par les agissements de l’armée fédérale lors de la précédente guerre du Tigré. Celle-ci a duré deux ans, de novembre 2020 à novembre 2022, faisant plus de 600 000 morts, selon l’Union africaine.

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