NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Alors que les grands festivals tentent en général d’éviter la surpolitisation des prises de parole, la présidente du jury de cette 83e édition a mis les pieds dans le plat, sans faire semblant.

TIZIANA FABI / AFP
Malgré la crainte d’une édition s’écartant des enjeux politiques après des festivals agités à Cannes et Berlin, Maggie Gyllenhaal a assumé son statut de star engagée.
EN BREF -L’édition 2026 de la Mostra sera politique, comme le furent la Berlinale et Cannes.
• Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, a abordé les sujets politiques dès le 1er jour de la Mostra.
• George Clooney a lui attaqué Donald Trump sans hésiter.
Depuis le début de l’année, les grands festivals de cinéma ont été émaillés par de vives discussions - pour ne pas dire polémiques - liées à la place accordée à la politique dans les rassemblements du 7e art. Que ce soit la Berlinale en février ou le 79e Festival de Cannes en mai, la politique s’est à chaque fois immiscée dans les débats, occasionnant un grand nombre de questions politiques soumises aux jurys et aux artistes. Qu’ils le veuillent ou non.
Carrefour cinéphilique obligatoire après Cannes, la Mostra de Venise s’est donc ouverte ce mercredi 2 septembre dans ce même climat houleux pour sa 83e édition et la présidente du jury, l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal, n’a pas échappé aux questions politiques.
Sauf qu’elle n’a pas fait semblant d’évoquer le sujet. D’emblée, il lui a été demandé si le cinéma devait être politique. « Ok, autant s’y mettre direct », a-t-elle réagi avec humour. Pour écarter toute forme de frilosité avant un festival vénitien qui s’annonce politique et politisée notamment en raison de sa sélection, elle a mis fin au débat : les films sont « fondamentalement et inévitablement politiques ».
Clooney et Gyllenhaal donnent le ton
Comédienne américaine engagée à gauche, elle a aussi critiqué l’absence totale de réalisatrices dans la sélection en ironisant « Je suppose qu’il est enfin devenu évident que les hommes font de meilleurs films que les femmes ». Avec plus de sérieux, elle a ajouté que l’industrie du cinéma était toujours face au même « problème systémique » où « il est plus difficile pour les femmes d’obtenir des financements pour leurs films ».
« Pourquoi les sujets sur lesquels les femmes ont envie de faire des films, en tenant compte du fait qu’elles vivent le monde différemment (des hommes), ne seraient-ils pas autant pris en considération ? », a-t-elle également glissé, dans une critique implicite adressée au président du festival Alberto Barbera, assis juste à côté d’elle.
Si cette ouverture n’avait pas été assez politique, George Clooney en a remis une couche devant la presse, avant de recevoir un prix pour l’ensemble de sa carrière. Sa cible ? Donald Trump. Après avoir évoqué un « moment malheureux - je pense que c’est un euphémisme » pour son pays, il a qualifié les États-Unis de « kakistocratie ». Un « très bon mot qui désigne un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées », a-t-il expliqué, avant de confier sa « honte » vis-à-vis du gouvernement américain.
La politique comme éternelle toile de fond
De quoi atténuer les rumeurs d’un festival vénitien aseptisé qui planaient sur l’édition 2026, malgré la promesse d’un festival très « politique » comme s’en ventait Alberto Barbera. Il faut dire qu’avant les premiers mots de Maggie Gyllenhaal, cette édition avait été marquée par une étrange polémique autour de la traditionnelle conférence de presse du jury. Un intrigant « conflit d’agenda » avait été évoqué pour zapper cette obligation protocolaire, comme le rapportait Deadline le 29 août. Quelques heures après un léger cafouillage médiatique des organisateurs, Variety annonçait finalement son maintien.
Durant ce court laps de temps, l’hypothétique suppression de la prise de parole du jury avait été désignée par beaucoup sur les réseaux sociaux comme une nouvelle manière d’esquiver les enjeux politiques qui entoure l’événement. D’autant que cette année, sur le Lido, la politique avait déjà pointé le bout de son nez avec une lettre ouverte publiée vendredi 25 août, appelant la Mostra à « prendre des mesures concrètes en soutien à la Palestine ». Cette lettre, restée sans réponse, était notamment signée par l’écrivaine française Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature, le membre des Pink Floyd Roger Waters ou la réalisatrice française Céline Sciamma.
Un appel du pied qui rappelait inévitablement l’ouverture houleuse du Festival international du film de Berlin, où le président du jury Wim Wenders avait été vivement critiqué pour avoir refusé de prendre des positions politiques, notamment sur Gaza. À Cannes, les questions d’ordre politique avaient également envahi la Croisette. On pense notamment à la polémique Gilles Lellouche ou aux multiples agitations autour d’une tribune anti-Bolloré, omniprésente dans les discussions cannoises.
Entre un film sur Rupert Murdoch, un documentaire sur Elon Musk, l’arrivée attendue du comédien militant Javier Bardem et la présence dans le jury de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania (très remarquée l’an dernier à Venise pour La Voix de Hind Rajab), il sera difficile, voire impossible que cette édition de la Mostra de Venise, si glamour soit-elle, reste lisse et consensuel.


17 hour_ago
5



























.jpg)






French (CA)