Il est 7 heures. La lumière dorée de juillet accroche les collines grassoises et éclaire les rangs de jasmin à grandes fleurs. Dans la fraîcheur du matin, les cueilleuses avancent, paniers de jonc contre la hanche. Chaque corolle est détachée d’un geste sûr, avant que sa fragrance ne s’altère. Rituel ancestral, immuable en apparence. Mais derrière la délicatesse de ce travail se joue un défi: la survie des fleurs à parfum face à un climat qui s’emballe.
«On passe du pull-over au maillot de bain en quelques jours, avec des gelées tardives en avril qui brûlent nos boutons de rose», décrit Carole Biancalana, qui supervise la récolte avec ses équipes. A la tête d’un domaine de 4 hectares, elle cultive jasmin, rose cent-feuilles et tubéreuse – trois fleurs emblématiques de la parfumerie grassoise. Malgré le dérèglement des saisons, ces dernières continuent d’être récoltées, distillées, transformées en absolue, une essence très concentrée permettant de donner une signature à une fragrance. Plus parfumée et plus coûteuse que les molécules de synthèse, elle est utilisée par les plus grands noms du luxe: de Chanel à Dior, maisons de couture créatrices de fragrances, en passant par Lancôme, parfumeur historique.


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