«Ils existent, ils sont mentionnés. Elles, souvent, ont été oubliées»: DeLaurentis résume en quelques mots une profonde asymétrie de l’histoire de la musique électronique. Ses héros masculins, de Pierre Schaeffer à Kraftwerk, sont entrés depuis longtemps dans le récit officiel. Nombre de leurs contemporaines beaucoup moins. Avec Pionnières!, présenté le 4 octobre au festival Electron à Genève, la compositrice et musicienne française remonte à la surface cette autre histoire, de Clara Rockmore à Björk, à travers les machines auxquelles chacune a lié son nom.
Ce qui intéresse DeLaurentis, ce n’est pas de dresser un panthéon féminin de l’électronique. Son fil conducteur est plus concret: la relation de chacune de ces musiciennes à un instrument ou à une technologie qu’elles ont contribué à inventer, à détourner, voire à populariser. La multi-instrumentiste lituanienne Clara Rockmore devient ainsi indissociable du thérémine, cet étrange instrument électronique que l’on joue sans même le toucher. La compositrice britannique Daphne Oram imagine, dès le milieu du XXe siècle, un système où des formes dessinées peuvent engendrer des sons. Quant à Wendy Carlos, la pionnière américaine contribue à montrer, avec le synthétiseur moog, que ces nouvelles machines ne sont pas condamnées aux bruitages futuristes mais peuvent devenir de véritables instruments.


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