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À démolir et à reconstruire? Le destin incertain d’une maison à Saskatoon

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Curtis et Rachelle Kelln, les propriétaires d'une maison, contestent une ordonnance de la Ville de Saskatoon leur intimant de cesser les travaux sur leur résidence de deux étages située dans le quartier de Nutana, acquise il y a un an. Le couple rejette la décision et l'audience d'appel s'est déroulée mardi dernier à l’hôtel de ville de Saskatoon.

Au printemps, des inspecteurs municipaux ont constaté que la maison dépassait de 1,40 mètre la hauteur maximale autorisée, qui est de 8,50 mètres. Près d’une douzaine d’inspections du personnel de la Ville avaient pourtant été effectuées auparavant, sans que l'anomalie ne soit signalée.

Par ailleurs, l'administration municipale a constaté que les dimensions des murs latéraux nord et sud excédaient les limites permises, ce qui rend la construction trop large. Un ordre d'arrêt des travaux a ainsi été donné le 15 mai, alors que la maison était presque achevée.

Il ne s’agit pas ici d’une maison aux dimensions démesurées, a plaidé Kim Anderson, l’avocat de Curtis et Rachelle Kelln, lors de l’audience.

Selon lui, les écarts entre la structure réelle et les dimensions autorisées ne sont pas suffisamment importants pour justifier l'arrêt du chantier.

De son côté, Robert Clipperton, qui représente l’Association communautaire de Nutana et qui s’oppose à l’appel, a indiqué s’être rendu sur place pour photographier la maison.

À mes yeux, ça ressemble beaucoup à une maison aux dimensions démesurées, une maison immense, a-t-il affirmé.

Le respect des règles incombe aux propriétaires

Curtis Kelln a assuré avoir étudié la possibilité de supprimer le dernier étage pour rendre le bâtiment conforme aux normes résidentielles. Cette solution n’est toutefois pas viable, selon lui, puisqu'elle imposerait de démolir l’ensemble de la structure puis de la rebâtir.

Le couple avait acheté la propriété du promoteur immobilier Karl Miller, décédé dans un accident de la route en 2023. C'est ce dernier qui avait conçu les plans de la résidence. Les propriétaires actuels soutiennent qu'ils ignoraient, au moment de l'achat, que la maison dérogeait aux règlements municipaux.

Le personnel de la Ville avait pourtant réalisé neuf inspections durant les travaux, du vivant de M. Miller, et tous les problèmes soulevés à l'époque avaient été corrigés. Par la suite, deux autres inspections municipales n’ont pas permis de détecter les écarts de hauteur et de largeur.

Brent McAdam, urbaniste à la Ville, a admis qu’il ne pouvait expliquer pourquoi les inspections précédentes n’avaient pas révélé ces infractions. Il a toutefois rappelé que la responsabilité de s’assurer de la conformité des bâtiments incombe aux propriétaires, et non à l’administration municipale.

La décision d'appel sera rendue d'ici 30 jours.

Avec les informations de Phil Tank

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