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À Dawson, la pellicule cinématographique reprend vie

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

À Dawson, au Yukon, la pellicule analogique reprend vie. Des artistes et des cinéastes de partout au pays y apprennent à tourner et à développer leurs propres films.

Le Dawson Film Lab, qui en est à sa cinquième année, offre durant l’automne un atelier de deux semaines permettant aux participants de faire des expériences avec la pellicule cinématographique et d’explorer leur pratique artistique.

Jusqu'au 27 septembre, ces derniers ont appris à manipuler de la pellicule Super 8, 16 mm ou 35 mm, et peuvent même faire du cinéma sans caméra.

Gros plan sur une pellicule de 35 mm.

Une pellicule de 35 mm utilisée au laboratoire cinématographique de Dawson.

Photo : CBC / Chris MacIntyre

Le coordonnateur du Dawson Film Lab, Dan Sokolowski, affirme qu’un grand nombre d’entre eux n’ont jamais travaillé avec ce type de support.

Il ajoute que le laboratoire de cinéma les plonge dans une expérience très concrète et tactile. On peut toucher directement l’œuvre, alors que, avec l’art numérique, on touche essentiellement son clavier ou un bouton.

Une exploration de procédés

L’atelier initie notamment les participants à des méthodes plus écologiques de développement de la pellicule. Ces derniers apprennent, entre autres, à utiliser des révélateurs faits à partir de plantes locales ou de caféine, plutôt que les produits chimiques utilisés habituellement.

Des bacs sur un balcon à l'extérieur contiennent des fleurs.

Les participants explorent la phytographie dans le cadre de l'atelier et apprennent aussi à utiliser des plantes locales ou de la caféine pour développer des pellicules.

Photo : Fournie par l’Institut des arts et de la culture du Klondike

Ils peuvent aussi s'initier à des techniques sans caméra, comme gratter ou peindre directement sur de la pellicule 16 ou 35 mm, ou encore créer des images grâce à la phytographie. Cette technique utilise la chimie naturelle des plantes et la lumière du soleil pour laisser leur empreinte sur la pellicule.

Ce volet plus écologique a particulièrement intéressé l’artiste Luke Pardy, de Chilliwack, en Colombie-Britannique. Il estime que le fait de connaître ces procédés est une compétence vraiment précieuse pour les artistes qui travaillent la pellicule analogique.

De nos jours, nous devons être davantage conscients de notre impact sur l’environnement.

Un homme manipule une caméra analogique dans un champ.

Luke Pardy est un artiste interdisciplinaire originaire de Chilliwack, en Colombie-Britannique. Il dit avoir beaucoup pratiqué la photographie argentique, mais que c'est la première fois qu'il travaille sur une pellicule 16 mm.

Photo : Fournie par l’Institut des arts et de la culture du Klondike

Une résidente de Dawson, Angela Edmunds, participe au programme pour la deuxième fois. Cette enseignante dit qu'il lui permet de renouer avec sa passion, ayant étudié le cinéma et travaillé une dizaine d’années dans le milieu.

Je suis contente de remettre les mains dans la pellicule, ajoute-t-elle. Elle adore son travail d’enseignante, mais aimerait avoir plus de temps durant la journée pour se consacrer à sa passion. C’est bien d’avoir ce temps maintenant pour faire des expériences les soirs et les fins de semaine.

Le laboratoire dure d’ailleurs deux semaines au lieu d’une depuis 2024, afin d’offrir plus de flexibilité aux personnes qui travaillent de jour.

Une femme tient de la pellicule dans ses mains et la montre au photographe.

Angela Edmunds est enseignante et artiste à Dawson. Elle a participé au Dawson Film Lab en 2025 et à nouveau cette année.

Photo : CBC / Chris MacIntyre

Si Angela Edmunds est revenue cette année, c’est aussi pour retrouver un groupe de personnes aux parcours différents qui. comme elle, veulent faire ce travail, souhaitent apprendre et faire partager leur expérience.

Créer des liens

Cette occasion de créer des liens entre des artistes locaux et d’autres venus de loin réjouit particulièrement Arcane Perry, responsable de la production du Festival international de court-métrage de Dawson, qui donne un coup de main au laboratoire, qui fait partie du festival, depuis trois ans.

C’est [devenu] comme un immense réseau réparti un peu partout. Et d’avoir des points d’ancrage au Yukon, c’est vraiment cool.

Une personne pose devant une table où se trouvent des caméras  analogiques et d'autres appareils.

Arcane Perry, responsable de la production du Festival international de court-métrage de Dawson, donne un coup de main au laboratoire depuis trois ans.

Photo : CBC / Chris MacIntyre

Le festival est organisé par l’Institut des arts et de la culture du Klondike. Selon Dan Sokolowski, le Dawson Film Lab a été lancé en 2022, mais ses origines remontent à 2007, lorsqu’il est devenu responsable de la production du festival.

Il avait alors invité le cinéaste canadien Philip Hoffman à donner un cours, puisqu’il développait une grande partie de ses propres films dans des seaux. Ce qui avait commencé comme un court atelier s’est développé au fil des années, en réponse à une demande croissante.

Dan Sokolowski décrit le laboratoire de cinéma comme un terrain de jeu pour les artistes.

Cela leur donne une certaine liberté pour faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent faire des erreurs et, parfois, ces erreurs donnent justement ce qu’ils cherchaient. C’est une chance pour eux d’explorer.

Un homme est assis sur une chaise dans une salle et regarde le photographe.

Dan Sokolowski, coordinateur du Dawson Film Lab, dit qu'il ne s'attendait pas à ce que l'atelier connaisse un tel succès.

Photo : CBC / Chris MacIntyre

Dan Sokolowski affirme que ce qui le marque le plus, ce sont les réactions des participants lorsqu’ils voient leurs premières images sur de la pellicule qu’ils ont eux-mêmes développée.

Il y a comme un petit cri de joie. Je pense que cet enthousiasme me redonne toujours de l’énergie. Et c’est comme cela chaque année.

Avec des informations de Hyunjung Kim (nouvelle fenêtre)

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