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À 7 km de la pointe du Raz se dresse à peine à 1,5 m au-dessus de l’eau une île de 263 habitants qu’aucun câble électrique n’a jamais reliée au continent

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Une île où l’altitude moyenne ne dépasse pas 1,5 m, à 7 km de la pointe du Raz : Sein tient plus du radeau que du rocher. L’île est basse, avec une altitude moyenne de 1,5 mètre. Ses 263 habitants, recensés par l’INSEE en 2023, vivent sans le moindre câble électrique qui la relierait au continent. C’est une zone non interconnectée, autonome pour sa production d’énergie.

Pas une seule voiture n’y circule.

À retenir

  • Sein compte 263 habitants et culmine en moyenne à 1,5 mètre au-dessus de la mer.
  • L’île n’est reliée au continent par aucun câble électrique et produit son courant sur place.
  • Trois groupes au fioul tournent encore au pied du phare, malgré un micro-réseau solaire depuis 2017.
  • Une éolienne de 250 kW devait compléter le dispositif, avec une mise en service prévue en 2027.

Sommaire

  1. Un caillou de 58 hectares posé sur la chaussée de Sein
  2. Trois groupes au fioul au pied du phare
  3. Quand la mer reprend du terrain

Un caillou de 58 hectares posé sur la chaussée de Sein

L’île s’étire sur 1,8 km de long, pour une largeur qui varie de 30 à 800 m selon l’endroit où l’on pose le pied. Ses 0,58 km² représentent environ 80 terrains de football. Elle se situe au milieu de la chaussée de Sein, une zone de récifs étendue et dangereuse, parcourue par des courants qui dépassent 6 nœuds en vives eaux. Les maisons se serrent autour du port, et les ruelles étroites s’entremêlent pour que s’y perdent les vents et les embruns.

Le chiffre de 263 habitants varie avec la saison : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) comptait 273 habitants en 2021, dont une centaine de permanents en hiver, et jusqu’à 1 500 personnes en été. L’île en abritait 800 en 1885.

Trois groupes au fioul au pied du phare

Sein fait partie des zones non interconnectées, au même titre que la Guadeloupe, La Réunion ou la Guyane. Pendant longtemps, la CRE indique que son électricité a été produite quasi exclusivement par des groupes diesel. Aujourd’hui encore, trois groupes au fioul tournent au pied du phare, au sein d’une centrale thermique de 860 kW de puissance totale.

La facture se lit en litres : 400 000 litres de fioul par an, selon la presse spécialisée, soit plus de 1 500 litres par habitant recensé en 2023. L’île consomme près de 1 400 MWh d’électricité par an.

Depuis 2017, un micro-réseau tente de réduire cette dépendance. Il repose sur 110,6 kWc de panneaux solaires, installés sur l’ancienne écloserie à homards, des bâtiments municipaux, le centre nautique et un immeuble de logements sociaux. S’y ajoutent un stockage centralisé par batteries de 180 kWh et un logiciel qui pilote en temps réel la production renouvelable, le stockage et les groupes électrogènes. Des compteurs Linky ont aussi été déployés dans tous les foyers.

L’objectif affiché : 100 % d’énergies renouvelables en 2030.

Le maillon manquant est une éolienne de 250 kW, haute de 45 m, qui devrait injecter 760 MWh dans le micro-réseau. Le projet, lancé par EDF, le Syndicat départemental d’énergie et d’équipement du Finistère et la commune, a traversé près de 10 ans de débats houleux. Son installation était prévue pour la fin de l’année, avec une mise en service en 2027.

Un osmoseur, qui dessale l’eau de mer, sert de variable d’ajustement : le logiciel positionne ses prélèvements d’électricité aux moments les plus opportuns, ce qui a permis de limiter la taille des batteries. L’île a déjà installé assez de panneaux et de batteries pour se passer de ses générateurs diesel plusieurs centaines d’heures par an.

Quand la mer reprend du terrain

En 1756, une tornade conjuguée à une grande marée manque d’engloutir Sein. Le gouverneur de Bretagne propose alors aux habitants de les transporter sur le continent, avec des terres pour les cultiver. Tous refusent, un épisode que le récit date de 1762, d’où des écarts de dates selon les textes.

En décembre 1896, une tempête recouvre presque l’île entière.

Des maisons sont évacuées et Sein reste isolée une quinzaine de jours. Les tempêtes de 1830, 1868 et 1896 ont marqué des générations de Sénans, dont certains se sont réfugiés sur les toits.

Plus près de nous, en février 2014, un bloc de 5 t a été emporté par la mer et du goémon a été retrouvé près de l’église. L’île est entourée de digues pour faire face aux assauts répétés des vagues. Plusieurs endroits y sont situés sous le niveau de la mer. Un habitant cité par le JDD affirme que Sein perd 1 m de côte à chaque tempête.

Une tradition rapportée, que nous n’avons pas pu vérifier dans un texte officiel, attribue à la fin du règne de Louis XIV une exonération de taxe foncière pour les Sénans. Elle illustre à quel point l’État a longtemps considéré cet îlot comme un cas à part.

Reste l’horizon. Selon le JDD, Sein pourrait affronter une hausse de 26 à 82 cm du niveau de la mer d’ici à la fin du siècle, pour une île qui culmine en moyenne à 1,5 m. Dans le même reportage, un habitant juge que dans 150 ans les zones de sable, de galets et d’argile auront disparu.

Sources : usinenouvelle.com | ici.fr

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