Le seuil est de 12,0 °C : c’est la température sous laquelle l’air d’un salon à 20 °C et 60 % d’humidité relative commence à déposer de l’eau liquide. Vendredi matin, il fait 7 °C dehors, le chauffage vient d’être rallumé et du linge sèche sur un étendoir. Une vitre en simple vitrage affiche alors environ 10 °C côté pièce, soit 2 °C sous le seuil. L’eau qui ruisselle sur le verre sort donc de l’air du salon.
Le calcul tient en quelques lignes.
À retenir
- À 20 °C et 60 % d’humidité, l’air se condense sous 12 °C : le point de rosée.
- Une vitre simple vitrage à 10,2 °C passe sous ce seuil et se couvre de buée.
- Le double vitrage monte à 17,8 °C et reste sec, une différence de 7,6 °C pour la même pièce.
- L’humidité relative change avec la température, le point de rosée reste constant.
Sommaire
Le calcul qui donne 12,0 °C
À 20 °C, la pression de vapeur saturante, c’est-à-dire le plafond de vapeur d’eau que l’air peut porter, est d’environ 23,4 hPa. Une humidité relative de 60 % signifie que l’air contient 60 % de ce plafond : 0,60 x 23,4, soit 14,0 hPa. La formule de Magnus, avec ses coefficients usuels (a = 17,27 ; b = 237,7), convertit cette pression en température et donne un point de rosée d’environ 12,0 °C. Sous ce seuil, l’air ne peut plus garder sa vapeur sous forme de gaz.
MétéoSuisse définit le point de rosée comme la température à laquelle l’air doit être refroidi pour que la vapeur d’eau se condense. Vaisala, fabricant de capteurs d’humidité, retient une formulation voisine : c’est la température qui sature l’air en vapeur. Son exemple chiffré : une humidité relative de 40 % à 20 °C correspond à un point de rosée de 6,0 °C.
Un point de rosée proche de la température de l’air trahit une humidité élevée, rappelle MétéoSuisse, tandis qu’un point de rosée très inférieur signale un air sec. Dans le salon, l’écart est de 8 °C entre 20 °C et 12,0 °C. On est loin de la moiteur d’été, qui s’installe plutôt quand le point de rosée dépasse 18 °C environ. Pourtant, ces 12,0 °C suffisent largement à embuer une vitre.
Pourtant, 12,0 °C suffit pour embuer une vitre.
Le point de rosée a une particularité que souligne Vaisala : contrairement à l’humidité relative, il ne dépend pas de la température de l’air. Que le chauffage pousse la pièce à 22 °C ou la laisse retomber à 18 °C, la même quantité de vapeur garde son seuil à 12,0 °C, et seule l’humidité relative bouge. C’est ce qui rend l’indicateur pratique : un seul chiffre, comparé à la température d’une surface, dit si celle-ci va ruisseler.
Dix points d’humidité en moins changent la donne : à 50 %, le même calcul donne 9,3 °C, soit 2,7 °C de moins qu’à 60 %. Un étendoir chargé de linge mouillé, qui relâche sa vapeur dans la pièce, peut faire basculer un salon d’un côté à l’autre de cette frontière.
La vitre, point le plus froid de la pièce
Reste à savoir à quelle température tombe la face intérieure du verre. Le coefficient U, exprimé en W/m².K, indique combien de chaleur traverse chaque mètre carré de paroi pour 1 °C d’écart, et la résistance superficielle Rsi décrit le film d’air qui freine les échanges côté pièce. Dehors 7 °C, dedans 20 °C : la paroi encaisse 13 °C d’écart.
La formule s’écrit Tsi = Ti – Rsi x U x (Ti – Te). Avec Rsi = 0,13 m².K/W, valeur usuelle (NF EN ISO 6946), et U ≈ 5,8 W/m².K pour un simple vitrage, on obtient 20 – 0,13 x 5,8 x 13, soit environ 10,2 °C.
10,2 °C contre un point de rosée de 12,0 °C : la buée s’installe.
C’est la scène du vendredi matin : une vitre qui ruisselle, des gouttes qui s’alignent sur le rebord, dans une pièce pourtant chauffée à 20 °C. Le mécanisme est celui de la rosée sur l’herbe un matin d’automne, où l’air au contact d’une surface froide atteint 100 % d’humidité relative et se condense. Seule compte la température de la surface, pas celle de la pièce. L’eau était déjà dans le salon, sous forme de gaz, avant de rencontrer un verre à 10,2 °C.
Le double vitrage récent, avec U ≈ 1,3 W/m².K, change complètement le résultat : 20 – 0,13 x 1,3 x 13 donne environ 17,8 °C. C’est 5,8 °C au-dessus du point de rosée à 60 % (12,0 °C), donc pas de buée sur le verre.
Entre les deux vitrages, la face intérieure diffère de 7,6 °C, pour un même air et un même chauffage. La paroi ne fabrique pas l’humidité : elle désigne l’endroit où l’air s’en débarrasse. Le point de rosée de la pièce, lui, reste à 12,0 °C dans les deux cas.
Des valeurs usuelles, pas une mesure
Ces chiffres sont des ordres de grandeur. Rsi = 0,13 m².K/W est une valeur usuelle, la norme NF EN ISO 6946 servant de référence pour la résistance superficielle. Le U de 5,8 ou de 1,3 W/m².K dépend du vitrage réellement posé. La température réelle d’une vitre varie aussi avec le cadre et avec le vent, et seul un thermomètre de surface renseignerait sur une fenêtre précise.
Même à 50 %, la marge reste mince. La vitre à 10,2 °C ne dépasse le point de rosée de 9,3 °C que de 0,9 °C. Un coin de vitrage plus froid ou une rafale contre la façade pourrait suffire à repasser sous le seuil.
Un hygromètre permet de rapprocher l’humidité relative lue dans la pièce de ces repères à 20 °C : 60 % pour 12,0 °C, 50 % pour 9,3 °C. Vaisala cite 40 % pour 6,0 °C, dans une salle blanche réglée à 20 °C. À ce niveau, un simple vitrage à 10,2 °C resterait sec, avec 4,2 °C de marge. Le même appareil dirait aussi, en fin de journée, si l’étendoir a fait remonter la pièce vers 60 %.
Sources : linternaute.fr | meteo45.com


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