Il y a un miracle Herbert Blomstedt. Des salles avares de triomphes l’ovationnent debout, les plus grands orchestres au monde redressent le visage pour observer ce chef mieux que distraitement, et les orchestres de plus petite envergure accouchent d’un son puissant. «Plus je me tenais assise sur scène à ses côtés, plus je sentais la profondeur de son âme, témoigne, encore bouleversée, Kim Kaloyanides Kennedy, violon solo à l’Orchestre symphonique de Detroit. Il y avait chez lui une telle sincérité. Une telle paix. Une telle douceur…»
Voyage initiatique avec la Neuvième de Mahler, la symphonie de la séparation. C’était au mois de mai, quelques jours avant que le chef né en Suède, naturalisé Américain et établi à Lucerne, ne tombe du fauteuil de pianiste d’où il dirigeait, lors d’un concert à San Francisco. Ses concerts sont annulés jusqu’à nouvel ordre. Mais Blomstedt semble immortel.


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